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FORCE G5 SAHEL : un enfantement plus laborieux…

En dépit du soutien explicite et manifeste du président français à son avènement, la force conjointe du G5 Sahel peine toujours à voir le jour. Si les cinq Etats du Sahel qui le réclament restent déterminés, il y a que leur volontarisme butte toujours sur la réticence que l’initiative inspire à certains acteurs de la communauté internationale en général, et aux Etats-Unis en particulier. Conséquence? Les bailleurs ne s’empressent pas de mettre la main à la poche. Et ce n’est pas la réunion de ce mercredi à la Celle Saint-Cloud, en région parisienne, qui pourrait changer la donne. D’autant qu’elle ne pourrait qu’entériner les contributions jusqu’ici annoncées.

USA, un bémol

Cédant tout à la fois à la pression et au plaidoyer de la France, les Etats-Unis ont fini par faire bouger les lignes au sujet de la force conjointe du G5 Sahel. Ainsi, en marge de la dernière Assemblée générale des Nations unies, le pays de l’Oncle Sam avait annoncé une enveloppe de 60 millions de dollars en faveur de l’initiative sahélienne. Il y a cependant un bémol à cette annonce. L’argent américain destiné à la force sous régionale ne transitera pas par les Nations unies. Il sera équitablement repartis entre les cinq pays du G5 Sahel et leur sera remis dans le cadre de la coopération bilatérale. Le problème avec cette approche c’est que rien ne garantit que le procédé sera renouvelé, alors qu’en raison de la nature de la menace, il est envisageable que le mécanisme en gestation puisse demeurer en place pour de nombreuses années.

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Réticence paradoxale ?

A ce financement américain, on peut ajouter les 50 millions d’euros que les cinq pays du Sahel se sont engagés à verser, les 50 autres millions de l’Union européenne, les 8 millions de la France ainsi que les 100 millions d’euros annoncés par l’Arabie Saoudite. Tout au plus, 258 millions d’euros sur un budget total estimé à 450 millions. Or, aucune nouvelle contribution n’est prévue à l’occasion du sommet de ce mercredi à Paris.

Pourtant, la recrudescence des attaques de ces derniers mois dans la région du Sahel devrait inciter à une plus grande mobilisation et à un plus grand intérêt. Mais à l’exception notable de la France, les autres acteurs du monde se refusent à voir l’insécurité qui sévit au Sahel comme une menace potentielle pour l’ensemble de la planète, eu égard à la nature terroriste de cette dernière. Pour beaucoup, le Sahel, c’est une vaste étendue de sable aride, ne présentant aucun enjeu notamment économique particulier.

Force G5 Sahel, avenir incertain

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S’adaptant à cette situation de méfiance générale, la France et les pays du G5 Sahel pourraient alors revoir leurs ambitions à la baisse. En effet, si l’objectif initial était de mobiliser l’intégralité du budget, dorénavant, on pourrait procéder par étape. Ainsi, par réalisme, Emmanuel Macron aurait personnellement suggéré les fonds jusqu’ici mobilisés puissent être engagés pour faire fonctionner le mécanisme ne serait-ce que pour la première année. L’idée qui se cache derrière cette suggestion serait qu’avec les premiers résultats de la force conjointe, d’autres partenaires pourraient être séduits. Mais il y a cependant un risque. Si l’impression positive ainsi attendue ne se produit, le projet pourrait tout simplement prendre fin à l’issue d’une seule année. Ce qui en dit long sur le dilemme auquel Roch Marc Kaboré, Ibrahim Boubacar Keïta, Ould Abdel Aziz, Mahamadou Issoufou et Idriss Deby, d’une part, et Emmanuel Macron de l’autre, sont confrontés.

Boubacar Sanso Barry

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