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La Guinée va-t-elle au-devant d’une nouvelle crise ?

Et si la courte période d’accalmie que la Guinée connait depuis la signature, tard dans la soirée du 13 mars 2018, de l’accord entre le gouvernement et le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) n’était qu’un répit ? Le calme qui précède une grosse tempête sociale ? En tout cas, entre le gouvernement et le camp d’Aboubacar Soumah, l’incompréhension et la défiance ont repris place. Ce, à la veille du lancement des négociations autour du salaire de base que les enseignants fixent à 8 millions de GNF.

L’accueil peu amical que les autorités aux réservé à Aboubacar Soumah lors de la célébration, hier, de la fête internationale du travail est illustratif de la dégradation des rapports entre le gouvernement et le camp de ce syndicaliste. N’ayant pas été invité à la cérémonie, Aboubacar Soumah a éprouvé toutes les peines du monde à trouver une place dans la loge officielle. Pire, un des gardes du premier ministre, Mamady Youla, a énergiquement refusé que le syndicaliste serre la main de chef du gouvernement Suivant la scène, celui-ci est resté de marbre. Ce qui vaut un consentement.

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Mais ce n’est là que le dernier d’un ensemble de signes qui nous parviennent de l’appareil étatique depuis un certain temps. De fait, tout se passe comme si le gouvernement, ayant été contraint et fermé de céder aux revendications de Soumah et Cie, voudrait faire payer cet affront à ce dernier. Manquant tout à la fois d’humilité et de réalisme, les autorités au plus haut niveau jurent d’avoir la peau du syndicaliste. En cela, elles peuvent compter sur la tendance syndicale qui avait été humiliée et délégitimée par le succès de la dernière grève.

Au nombre des signes de provocation de la part des autorités, on peut citer le fait que le gouvernement via notamment l’inspection générale du travail tienne toujours à faire organiser le congrès au sein du SLECG. Une démarche d’autant plus anachronique que c’est en tant que secrétaire général de l’entité syndicale du secteur de l’éducation que Soumah avait apposé sa signature au bas de l’accord du 13 mars 2018. Du coup, la gêne qu’Alia Camara éprouve encore à reconnaître le statut de Soumah est incompréhensible aux yeux des populations. Son attitude et à travers elle, celle de tout le gouvernement, s’apparentent à une tentative de remise en cause d’une partie intégrante de l’accord qui avait permis d’en finir avec la grève. Un autre signe, ce sont les critiques du président de la République, contre le niveau des enseignants guinéens. Sur le fond, il n’a pas bien entendu pas tort. Mais il est évident que la sortie était aussi guidée par un désir de règlement de comptes. C’était sa façon de dire que la victoire arrachée par les enseignants avec la hausse obtenue des 40 %, était imméritée, voire « indigne ». On peut aussi évoquer l’imbroglio autour de l’installation du nouveau bureau du SLECG au sein de l’université de Labé.

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Bref, l’Etat guinéen sentant la menace qu’incarnent l’intransigeance et la popularité d’Aboubacar Soumah s’évertue à stopper son ascension et à tuer son mouvement dans l’œuf. Malheureusement, la démarche n’est pas sans risques. Elle peut particulièrement conduire à la reprise des hostilités. Et une nouvelle fois, l’opinion publique, percevant un acharnement contre Soumah et Cie, pourrait bien se ranger du côté de ces derniers.

Boubacar Sanso Barry   

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