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CONTRE LES ENSEIGNANTS : Alpha Condé ne désarme toujours pas

Depuis quelques semaines, ils sont sa cible préférée et l’objet de ses récurrentes attaques. Sans doute victimes du succès de la dernière grève conduite par Aboubacar Soumah et qui avait contraint le gouvernement à lâcher du lest, les enseignants guinéens sont depuis dans le viseur du chef de l’Etat, comme subitement sorti d’un cauchemar. Cela s’est matérialisé de nouveau à l’occasion de la cérémonie de lancement de la deuxième édition du Forum de l’étudiant guinéen (FEG 2018). En effet, une nouvelle fois, le président de la République s’en est pris aux enseignants dont il a encore dénoncé le faible niveau. Mais il n’y a pas que les grévistes de ce début d’année qui en auront eu pour leurs frais. Le chef de l’Etat a retourné son fusil et l’a orienté en direction de la CNTG et de l’USTG, responsables à ses yeux de la pagaille qui a débouché sur la dégradation du système éducatif.

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A la première salve qu’Alpha Condé a lancée contre les enseignants, à l’occasion de la cérémonie de clôture de l’événement Conakry capitale mondiale du livre, certains, au sein de l’opinion, avaient rétorqué que sa gouvernance n’a rien fait pour améliorer le niveau des enseignants qu’il dénonce. Tout au contraire, lui a-t-on retourné, son gouvernement a fait dans le népotisme en recrutant des amis et des militants. Eh bien, le chef de l’Etat rejette en bloc cette accusation :   « La dernière fois, j’ai entendu dire que si le niveau des enseignants du primaire et du secondaire est mauvais, c’est parce que le gouvernement recrute ses amis ou ses partisans politiques. Il faut qu’on se dise la vérité aujourd’hui. Le gouvernement n’a jamais recruté ses amis ou ses militants. »

A l’en croire, c’est plutôt à la CNTG et à l’USTG qu’il convient d’imputer la responsabilité de la dégradation du niveau des enseignants guinéens. Et comment ? L’explication d’Alpha Condé est la suivante :

A la fin de la deuxième République, notre regretté président, le général Lansana Conté, avait une santé qui ne lui permettait pas de gouverner. Le syndicat a profité de cette situation pour prendre le pays en otage (…) Voilà comment nous nous sommes retrouvés aujourd’hui avec  des enseignants qui n’ont aucun niveau. C’est la CNTG et l’USTG qui nous disent de recruter tel enseignant ou tel enseignant.

Poursuivant dans cette logique de justification de son accusation à l’encontre de la CNTG et de l’USTG, Alpha Condé énumère même des preuves :

Je vais vous donner deux cas. L’année dernière, ils nous ont dit de recruter 1600 contractuels qui n’avaient aucun niveau et à défaut qu’ils vont aller en grève. Alors que le comité d’audit, composé du syndicat et des parents d’élèves, avait démontré que les enseignants actuels n’avaient pas de niveau. Donc, on était obligé de le faire. D’ailleurs en 2012, on a organisé un test dans la dictée de CE2, on y a mis 20 fautes. Et sur les 750 enseignants, 75 % été incapables de trouver ces fautes. Sur les 75 %, 25 % ont ajouté des fautes. Comme on était faible en ce moment, on a accepté.

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Mais cette fébrilité face au mouvement syndical, Alpha Condé n’entend plus la laisser prospérer. Et il voudrait compter sur les parents d’élèves :

Les  parents d’élèves doivent se poser la question. N’est-il pas mieux de faire une année blanche et recruter des enseignants sortis de l’ENI et de l’ISSEG  que de prendre  des enseignants qui forment les enfants sans aucun niveau ?  On doit se poser la question pour qu’on ne soit plus pris en otage par le syndicat. Il faut que les parents d’élèves commencent à réfléchir. A quoi sert de former des enfants qui n’ont aucun niveau ? Vous gaspiller de l’argent pour envoyer les enfants à l’école et après ils n’ont aucun niveau. C’est pourquoi il est temps de faire les Etats généraux de l’éducation. Voilà concrètement les débats que nous allons faire pour essayer de faire évoluer les choses dans le secteur de l’éducation en Guinée.

Balla Yombouno

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