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PDCI-RDR : le temps des brouilles

Face aux enjeux cruciaux des échéances électorales charnières de 2020, les rapports entre le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Henri Konan Bédié, et le Rassemblement des républicains (RDR), du président Alassane Ouattara, connaissent des hauts et des bas. Empreints de méfiance et de suspicion, ils sont victimes des appétits aiguisés par ce rendez-vous politique majeur en Côte d’Ivoire. C’est ainsi qu’au-delà des engagements auxquels les deux leaders ont récemment souscrits, ils sont de nouveau en passe de se brouiller. Un nouveau différend qui pourrait trouver son origine dans l’incompréhensible confusion que le président ivoirien entretient au sujet de l’opportunité pour lui de briguer un troisième mandat. Vu que le principe tacite d’une rotation à la tête du pays, avait été retenu, Konan Bédié et ses partisans voient dans la dernière sortie d’ADO chez nos confrères de Jeune Afrique, une tentative de se soustraire à certaines promesses qu’il a faites. Résultat de la course ?  Le projet de parti unifié passe pour un vieux souvenir.

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Depuis que Laurent Gbagbo n’est plus de la partie, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié restent les plus grandes figures politiques de la Côte d’Ivoire. Chacun d’eux revendiquant une certaine expérience, il est par conséquent difficile à l’un de berner l’autre. C’est pourtant l’exercice difficile auquel Ouattara s’est récemment essayé vis-à-vis de Bédié. Sauf que ce dernier, veillant au grain, n’a point voulu se laisser duper. L’annonce de l’éventualité  de la candidature du président sortant au compte d’un troisième mandat ruinant de même l’espoir d’un candidat unique venant des entrailles du PDCI, Bédié sonne la contre-attaque. Pour lui, puisqu’il en est ainsi, plus question d’aller au parti unifié. Le congrès qui devait entériner la décision de cette fusion, a même été reporté sine die par le PDCI. C’est dire qu’à défaut de flammes, on cerne aisément la tension entre les camps. De la tension, mais aussi une ligne de démarcation qui réapparait.

Et c’est là la preuve qu’Alassane Ouattara n’a aucun intérêt de passer de l’intention à l’action. Pour l’intérêt de la stabilité du pays et l’harmonie entre ses compatriotes, il devra, à la fin de son mandat actuel, rendre le tablier et restituer le sceptre à son successeur. Autrement, il entretient délibérément une situation qui pourrait se révéler explosive. Le pays qui n’est pas encore sorti des affres des violences de 2010, pourrait encore y retourner. D’autant qu’à l’intérieur de son propre camp politique, les prétendants à la succession ne manquent point. Conscient plus que quiconque du lourd tribut que la Côte d’Ivoire a payés suite au tumulte de sa récente histoire, le président Ouattara devra faire montre de responsabilité pour ne pas trahir les espoirs dont il était jadis l’incarnation. Même si le paradoxe espoirs-désillusion est plutôt répandu sur le continent.

Boubacar Sanso Barry

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