TPI/KALOUM : des militants de l’UFDG condamnés, mais libres

Interpellés pour attroupement illégal devant le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, alors qu’ils manifestaient pour réclamer l’installation de Kalemodou Yansané comme maire de Matoto, 8 militants de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) ont été condamnés ce lundi, à l’issue de leur comparution, à sept jours d’emprisonnement et au paiement  d’une amende de 300.000. Mais ils ont pu aussitôt retourner à leurs domiciles respectifs parce qu’ayant déjà purgé la peine d’emprisonnement à laquelle ils ont été condamnés.

A la barre, certains prévenus comme Ousmane Bah, Ibrahima Djogo Baldé et Thierno Ibrahima Diallo ont tour à tour reconnu les faits. L’un d’eux se justifie néanmoins :

Nous étions venus ce jour pour attirer l’attention du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, le Général Bouréma Condé, sur sa décision annulant le vote du Conseil de la mairie de Matoto qui donnait la victoire à notre candidat, Kalémodou Yansané. Nous n’avons créé aucun incident devant le ministère. Nous n’étions munis que de pancartes sur lesquelles, on pouvait : ‘’C’est Kalémodou Yansané qui est le maire de la commune de Matoto’’. Des gens circulaient paisiblement. La police ne nous a jamais dit de quitter les lieux. Nous n’étions pas armés.

Les cinq autres que sont Souleymane Diallo, Abdoul Salam Sow, Alseny Diallo, Mamadou Billo Diallo et Mamadou Malal Diallo ont plaidé non coupable pour les faits d’attroupement illégal. De fait, l’article 117 du code pénal dispose que l’attroupement illégal et trouble à l’ordre public sont punis d’une peine d’emprisonnement  de trois à 6 mois  et du versement d’une amende de 500.000 à 1.000.000 GNF.

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Pendant la phase des plaidoiries, le ministère public a requis le paiement d’une amende de 500.000 GNF pour chaque prévenu. Son représentant, Aboubacar Ciré Sylla, estimant que les jeunes mis en cause  sont des «délinquants primaires ». « C’est pourquoi je ne me suis pas prononcé sur la peine de prison qui va jusqu’à six mois », explique-t-il.  Du côté de la défense Me Salifou Béavogui, fustige, pour sa part la mise en cause et la condamnation de ses clients : « celui qui a troublé le processus électoral, qui, à face du monde, a pris la lourde responsabilité de venir interrompe le processus et qui a plongé toute une commune aujourd’hui dans le désarroi, c’est lui qui devrait être à la barre. Mais en lieu et place de celui qui a troublé le processus, ce sont des innocents qu’on a arrêtés, des innocents qui étaient simplement venus protester dans l’honneur, dans la dignité, dans le respect des textes de loi qui ont été arrêtés, conduits en prison, jugés ».

Pour lui, cependant, l’essentiel est bien le fait que les clients aient été libérés. « Pour nous de la défense, c’est une victoire parce que nos clients ont été finalement libérés », se rejouit-il.

Balla Yombouno