FAUSSE GROSSESSE : après N’na Fanta, un autre épinglé

Manifestement, le cas N’na Fanta, la fameuse donneuse de grossesse n’a pas servi de leçon. Ni pour les médecins escrocs, ni d’ailleurs pour les femmes, particulièrement incrédules. C’est ainsi que de manière conjointe, les Services spéciaux à la Présidence en charge de la lutte contre la drogue, le grand banditisme et le crime organisé et l’Office de répression des délits économiques et financiers, viennent de mettre le grappin sur un faux-médecin qui aura arnaqué et abusé de la naïveté de nombreuses femmes. Son nom ? Emile Niankoye.  En tout point de vue, ses méthodes sont identiques à celles de N’na Fanta.

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Pourtant, présenté aux médias, Emile Niankoye est vite passé aux aveux. Aussi vite et d’une manière telle qu’il est à se demander si la confession n’est pas dictée par la peur. En effet, à la presse qui l’a interrogé, il déclaré sans discontinuer :

En matière de médecine, nous sommes sous-équipés. Je demande à l’Etat  de nous venir en aide. Je ne suis pas un médecin, je ne suis qu’un infirmier qui traite juste les malades à l’état primaire. Je ne suis pas un fonctionnaire de l’Etat. Je n’ai pas encore bénéficié d’une bourse pour devenir médecin. Je reçois des autres hôpitaux de nombreuses femmes en état de famille qui n’avancent pas à cause des infections. Je n’ai pas un scanner pour détester la grossesse, ni de sériographie et encore moins d’échographie. Je ne faisais que donner des antibiotiques pour combattre les infections. J’ai confectionné des carnets de consultation. Je ne suis pas agréé, je n’ai qu’une attestation.   

Les victimes dont on ignore le nombre, quant à elles, se remettront difficile de la déconvenue. Outre les dangers auxquels elles se sont personnellement exposées, beaucoup d’entre elles pourraient avoir des ennuis avec leurs époux respectifs. Beaucoup d’entre eux ne supportant pas d’avoir ainsi été bernés. Une d’entre elles témoigne:

Nous sommes désespérées ! Ce faux docteur risque de détruire nos foyers. Il nous a promis qu’il peut nous traiter. Il nous a administrées des injections et nous a fait des lavements. Nos ventres sont ballonnés et nous constatons des perturbations dans mos périodes de menstruation. Nous avons  même l’impression qu’il y a des « choses » dans nos ventres. Moi personnellement, mon mari a même préparé le baptême de mon enfant, espérant que je vais accoucher le mois prochain. Mais après examen et analyse à l’échographie, il s’est avéré qu’il n’y a rien dans mon ventre. Nous sommes très inquiètes et nous avons l’impression que nous allons mourir tout suite. C’est une copine qui m’a conduit chez ce docteur. J’ai un enfant, je cherchais un deuxième. Je suis sous soins chez ce docteur depuis huit mois et j’ai beaucoup dépensé.

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Enfin, le colonel Moussa Tiégboro Camara, n’a pas de mots assez durs pour flétrir le comportement d’Emile, le faux gynécologue :

Ce monsieur Niankoye est un danger ! Son cas est pire que celui de N’na Fanta. Tellement malin, il commence ses activités  à 6 heures  pour aller en pause à 9 heures, pour reprendre  à 18 heures  jusqu’à 22 heures. Tout cela pour ne pas que les gens prêtent attention à son sale boulot. Il le fait chez lui dans une chambre et un salon. Il a transformé son salon en salle d’attente, et sa chambre à coucher, en salle de consultation. Je ne peux pas décrire le choc que je ressens quand je pense que ces dames ne peuvent être que mes femmes, mes tantes ou mes sœurs. Ce monsieur est un criminel et je veux qu’il soit jugé à la hauteur de sa forfaiture. Il y a des femmes qui ont pleuré et d’autres ont même piqué une crise, quand elles ont compris qu’elles ne portaient plus une grossesse. Pour le cas N’na Fanta, il y a eu des couples qui ont divorcé.

Balla Yombouno