GHISLAINE DUPONT-CLAUDE VERLON: que nous cache-t-on encore?

L’Association des Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon n’entend pas baisser les bras. Elle tient fermement à ce que les circonstances dans lesquelles nos confrères de RFI, se faisaient enlever avant de se faire lâchement exécutés quelque part à Kidal, dans le septentrion malien, il y a cinq ans, soient connues. Mais force est de reconnaître que les progrès sont lents, sinon qu’il n’y en a pas. Depuis cinq ans, on tourne en rond sans une véritable avancée. Or, ce ne sont pas les témoignage de l’ancien président français et de l’ex-patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) qui risquent de changer la tendance très peu rassurante dans ce dossier. Alors qu’ils étaient sollicités au sujet d’un enregistrement audio jugé déterminant pour la manifestation de la vérité, l’un et l’autre ont nié. Alors qu’il est le premier à avoir parlé de l’écoute téléphonique dans laquelle nos deux confrères étaient évoqués comme de la “marchandise”, François Hollande a dit ne pas se souvenir avoir tenu les fameux propos. Quant à lui, l’ex-patron des services secrets, dément l’existence du fameux enregistrement. Bref, c’était encore un chemin sans issue…

Justement, des pistes qui mènent à l’impasse, le dossier d’enquête sur l’assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon en a connues. On se rappelle en effet qu’au tout début, on avait fait état de l’hypothèse d’un enlèvement qui a mal tourné. Le véhicule des ravisseurs de nos confrères serait tombé en panne. Sentant un hélicoptère de l’armée française arriver dans leur direction et qu’ils risquaient de se faire prendre ou même tuer, ils auraient fait le choix de tuer la journaliste et l’ingénieur de son, pour ne pas avoir à les porter. Mais très vite, cette hypothèse avait été balayée et remplacée notamment par celle qui établit un lien entre la mort de nos confrères et la libération des otages d’Arlit.

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Revenant dans le nord-malien justement pour enquêter sur les conditions de la liberation de ces otages, nos deux confrères auraient fait les frais d’une négociation dans laquelle l’Etat français n’aurait pas honoré ses engagements. Après avoir récupéré les otages, l’Etat français, à travers ses différents relais sur le terrain, n’aurait pas versé l’intégralité de la rançon convenue. Aussi, le rapt, puis l’assassinat des deux journalistes seraient, pour ceux qui les on tués, un acte de représailles dicté par le sentiment d’avoir été floué. Mais là aussi, les éléments à disposition restent épars, flous et approximatifs. Et c’est pourquoi beaucoup attendaient avec impatience le témoignage de François Hollande.

Malheureusement, cette attente n’aura servi à rien. Parce qu’on n’aura pas avancé d’un iota. Et rien n’indique qu’on avancera dans ce dossier. D’autant qu’il est de plus en évident que la raison d’Etat et le secret défense prennent le dessus sur le besoin et le droit à la vérité. Et c’est dommage! Dommage pour la patrie des droits de l’homme qu’est la France. Dommage aussi et surtout pour les deux confrères dont on ne sait toujours pas, cinq ans après, comment, pourqoi  et par qui ils ont été tués.

Boubacar Sanso BARRY