IRIE : un frigo solaire et une moto pour faire évoluer la couverture vaccinale

Avec une population estimée à 3349 habitants, le district d’Irié, situé à 60 km de Macenta, dans la région de N’zérékoré, dispose désormais d’un réfrigérateur solaire et d’une moto pour la vaccination des enfants.

En effet, le poste de santé d’Irié n’arrivait pas à offrir les services de vaccination réclamés par la population à cause d’un manque de réfrigérateur et de moyen de déplacement pour aller vers les enfants et les femmes. Les enfants étaient vaccinés une fois par mois au lieu du rythme quotidien comme dans toutes les structures de santé. Conséquence, les enfants et les femmes enceintes ne bénéficiaient pas de vaccins requis pour leur santé, comme le rappelle Bintou Camara, la quarantaine révolue : « Avant, nous femmes qui tombions enceintes et nos enfants, souffrions sérieusement pour accéder aux vaccins pourtant importants pour nous-mêmes et pour nos enfantsL’on pouvait passer toute la journée au poste de sante pour se faire vacciner. Beaucoup se décourageaient et y renonçaient finalement. Mais ceux qui avaient les moyens, payaient le transport pour aller se faire vacciner à Sérédou, sous-préfecture située à 18 km d’Irié ».

Bintou Camara assise devant sa maison et est en train d’expliquer comment elles accédaient aux vaccins par le passé © UNICEFGuinea/M.Mmazboudi

Pour pallier à cette situation, l’UNICEF avec l’appui financier de GAVI, a doté en janvier 2019, ce poste de santé d’un frigo alimenté par de l’énergie solaire pour conserver les vaccins et d’une moto pour faciliter le déplacement des agents de santé et leur permettre de rattraper toutes les cibles non vaccinées.

Ce qui a sonné le glas de plusieurs années de souffrance des habitants de ce district qui ne cessent de remercier les donateurs pour leur geste qui vient répondre à l’un de leurs soucis majeurs. Köto Koïvogui, habitante d’Irié :

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« Nous sommes très contentes car nous les femmes, nous étions les plus affectées par l’absence de ce dispositif. À présent, l’on peut se faire vacciner à n’importe quel moment et tout le monde y a accès sans perdre le temps ou débourser de l’argent. L’argent que nous utilisions pour le transport pour aller à Sérédou pour nous faire vacciner, est un gain que l’on investit pour régler d’autres problèmes. Nous remercions infiniment l’UNICEF pour ce don», a-t-elle conclu.

Ce geste a également soulagé les agents du poste de santé qui travaillaient jusqu’à 21 heures pour permettre à toutes les femmes et à tous les enfants qui se présentaient d’être vaccinés. La Cheffe du poste de santé, Béatrice Koumassa Grovogui, révèle que l’arrivée du frigo et de la moto ont radicalement fait évoluer le taux de la couverture vaccinale.

Béatrice Koumassa Grovogui, Cheffe du poste de santé d’Irié en train de vacciner un enfant © UNICEFGuinea/M.Mmazboudi

« Nous avons maintenant les vaccins à portée de main, puisque nous avons désormais où les conserver et nous pouvons les administrer à n’importe quel moment selon le calendrier vaccinal des cibles qui sont prioritairement les enfants et les femmes enceintes. En plus, nous pouvons administrer aujourd’hui le BCG à l’enfant dès sa naissance, ce qui n’était pas possible avant. Maintenant, il y a plus de monde qui vient pour la vaccination qu’il n’y en avait par le passé. Le 11 mai 2019, nous avons commencé une campagne de vaccination sur place avec une projection de 11 cibles, et au 19 mai, nous étions à 35 vaccinés ».

Le Président de district, Péma Blinki Kalivogui s’est également réjoui de ce don, car, dit-il, il a permis l’accès de tous maintenant aux vaccins, mais également de mettre les femmes et les enfants à l’abri des maladies évitables par la vaccination.

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Péma Blinki Kalivogui, le Président de district d’Irié © UNICEFGuinea/M.Mmazboudi

Depuis l’arrivée de ce matériel, les femmes d’Irié jouent le rôle de relais d’information et de sensibilisation des autres femmes de la communauté, découragées à l’époque, par le fait qu’elles attendaient en vain le vaccin. Apparemment, l’exercice est en train de porter ses fruits au regard des dernières statistiques de vaccination sur place fournies par le poste de santé.

Le souci actuel des femmes d’Irié est de pouvoir accoucher dans de meilleures conditions, car elles continuent d’accoucher sur les plastiques étalés à-même le sol.

Saa Momory KOUNDOUNO, UNICEF Guinée