LEGISLATIVES 2019 : Alpha Condé va-t-il convoquer le corps électoral ce vendredi ?

Avec la confusion que connait la Guinée en raison du débat et des tensions autour de la nouvelle constitution, la question des élections législatives semble être passée au second plan. Pourtant, si l’on s’en tient au chronogramme de la CENI, celles-ci doivent se tenir le 28 décembre 2019. A condition que le calendrier proposé par Salifou Kébé soit avalisé par le président de la République. Justement, si le président Alpha Condé a à cœur de confirmer les échéances législatives pour fin décembre, il n’a plus le temps de tergiverser. S’il y tient, il devra même signer le décret convoquant le corps électoral ce 18 octobre 2019. Mais le fera-t-il ? Difficile d’y répondre.

L’article 62 du code électoral révisé dispose ;

Les électeurs sont convoqués par Décret du président de la République publié au Journal officiel de la République de Guinée :

  • Trente-huit (38) jours avant le scrutin pour l’élection présidentielle ;
  • Soixante-dix (70) jours avant le scrutin pour les élections législatives ;
  • Soixante (60) jours avant le scrutin pour les élections communales

En cas d’annulation, les électeurs sont convoqués pour de nouvelles élections qui ont lieu soixante (60) jours l’annulation.

Tout le monde l’aura bien noté. Dans le cas d’espèce, puisqu’il s’agit des législatives, le décret convoquant le corps électoral doit être publié 70 jours avant le jour J du scrutin. Inclusivement, la période concernée ici est celle comprise entre le 19 octobre et le 27 décembre. En d’autres termes, au plus tard, ce soir à minuit, le décret en question devrait être publié. Du moins, si l’on tient à ce que l’élection ait lieu à la date proposée par le président de la CENI.

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La question est donc de savoir si le chef de l’Etat avalisera le calendrier de Me Amadou Salifou Kébé ? Si l’on s’en tient à l’adresse à la Nation du président de la République en date du 4 septembre 2019, la réponse ne souffre d’aucun doute. En effet, ce jour-là, il avait clairement indiqué son souhait pour la tenue des législatives avant la fin de l’année. Seulement, dans le communiqué publié en son nom le lundi 14 octobre dernier, il avait semblé faire marche-arrière. Dans ce communiqué dont l’authenticité fait aujourd’hui polémique, le président de la République se préoccupait davantage du caractère inclusif du scrutin que de la date elle-même. Dans une logique chronologique, il recommandait même que les législatives puissent intervenir seulement après le parachèvement des élections communales, avec l’installation notamment des conseils régionaux. Ce rétropédalage était dicté par le besoin de donner des gages de bonne foi à l’opposition guinéenne.

Mais il n’est pas certain que la magie ait opéré. Car ceux dont l’influence avait manifestement débouché sur la rédaction de ce communiqué sont depuis supplantés. Et le clan qui a désormais la voix au chapitre ne verrait pas d’un mauvais œil que le calendrier de la CENI soit respecté au pied de la lettre. Il en ferait même une question d’honneur. L’opposition n’ayant pas pris part aux consultations nationales récemment pilotées par le premier ministre Kassory Fofana, la mouvance présidentielle et d’autres caciques du gouvernement ne voudraient surtout pas que les conclusions de ces consultations soient remises en cause par un autre dialogue ad hoc. Même s’il s’agissait de ressusciter le comité de suivi des accords politiques. Or, en l’état actuel des choses, il n’est pas évident de tenir des élections auxquelles l’opposition ne serai pas associée.

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Bref, selon le choix que va opérer le président de la République par rapport à la date des élections législatives, on devrait être situé sur celui des deux clans qui s’affrontent autour de lui, qui a aura remporté la bataille.

Boubacar Sanso BARRY