Amadou Damaro Camara avertit Tibou Kamara

Il ne le cite nulle part dans son discours. Mais le message qu’Amadou Damaro Camara, le patron de la majorité présidentielle, a délivré ce samedi au siège du RPG-arc-en-ciel s’adresse bien à Tibou Kamara, le conseiller personnel du président Alpha Condé. En cause? Le communiqué de la présidence de la République du lundi 14 octobre, imputé au chef de l’Etat, mais dont le ministre de l’Industrie et des petites et moyennes Entreprises, serait le véritable auteur. Communiqué qui n’a pas été du goût de l’ensemble de la mouvance.  Pour preuve, les jours, des voix se sont élevées des rangs du RPG pour se désolidariser du communiqué. Manifestement en position de force, Amadou Damaro dénonce surtout l’attitude déloyale du ministre. 

Entre les lignes, il ressort de la sortie d’Amadou Damaro Camara que c’est moins le contenu du communiqué que la démarche de Tibou Kamara qui aura déplu du côté des caciques du RPG-arc-en-ciel. Dans le communiqué, il était en effet écrit que le président Alpha Condé s’est concerté avec ses “proches collaborateurs“. “Nous sommes nombreux à être proches du président. Mais quand, étant proche du président, tu lui proposes une idée, aussi longtemps qu’il n’approuve pas cette dernière, elle n’en est pas une. Et si tu ne lui en parles pas pour qu’il l’avalise, tout ce que tu entreprends, c’est que c’est en ton nom, et non au nom du président”. De fait, beaucoup de responsables du parti présidentiel et des membres du gouvernement n’auraient pas été associés à la démarche ayant débouché sur la rédaction puis la publication du communiqué.

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Or, pour Amadou Damaro Camara, quand on veut porter la parole du chef de l’Etat, la dimension concertation est fondamentale. Il en veut pour preuve qu’aussi tout-puissant président du groupe parlementaire du RPG-arc-en-ciel qu’il soit, il n’a pas la vocation de prendre des initiatives sans se référer aux membres de son groupe et d’obtenir leur quitus.

Cette sortie n’est pas sans rappeler l’avertissement que le même Damaro avait adressé à l’ex-ministre de la Justice, Cheick Sako. Au cours d’une séance publique de l’Assemblée nationale, il avait mis en garde celui-c par rapport au risque de se dresser contre “la majorité qu vous soutient”. Et on se rappelle qu’à la suite de ce bras de fer, Cheick Sako avait fini par jeter l’éponge. En sera-t-il de même pour Tibou Kamara? Attendons de voir!

La rédaction