Et si nous étions le président Alpha Condé…?

Nous reprenons ici l’analyse de Mathias Hounkpé, administrateur du programme gouvernance politique à Open Society for West Africa (OSIWA) tirée des conclusions des récentes consultations nationales. Suivant de très près les développements autour du débat sur la nouvelle constitution en Guinée, il s’est penché de manière minutieuse sur les conclusions rendues publiques par le premier ministre, Ibrahima Kassory Fofan. Il en tire comme conclusion que ces consultations nationales ne peuvent pas, au vu des résultats qu’elles ont produits, permettre au président de la République d’aller à une nouvelle constitution. En tout cas, la tendance qui justifierait qu’il aille dans ce sens n’est pas aussi évidente qu’on aurait pu le croire. Lisez plutôt…

Le rapport de la consultation conduite par le Premier Ministre guinéen sur instruction du Président Alpha Condé a été publié il y a quelques jours. A sa lecture, M. MAHOTIERE (interne à Osiwa, ndlr) et moi-même nous nous demandons comment nous aurions réagi si on était à la place du Président Alpha Condé.

Le Tableau ci-dessous, qui fait la synthèse du contenu du rapport, indique que des 58 personnalités, groupes et institutions consultés, seulement 29 (c’est-à-dire) 50% on dit oui sans condition à la proposition de changement de la constitution (et là encore avec quelques nuances).
Les 29 restants sont constitués de :

  • ceux qui n’ont pas donné de position (soit qu’ils n’en ont pas ou se considèrent comme neutres) ;
  • ceux qui a priori sont considérés comme pour, mais qui émettent des conditions. Dans ce dernier groupe, il y a, par exemple, ceux qui demandent du temps pour aller consulter leurs bases d’abord, ceux qui veulent d’abord voir le contenu du texte qui sera soumis pour référendum, … ; Etc. (voir le tableau)
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Il faut ajouter à ce qui précède que ceux qui sont contre le projet de changement de constitution n’ont pas souhaité participer à la consultation conduite par le Premier Ministre.
Si nous étions à la place du Président Alpha Condé, il nous serait difficile de considérer les résultats ci-dessous comme un soutien franc (sans conditions) au projet de changement de la Constitution. Mais nous ne sommes pas à la place du Président Alpha Condé et c’est lui seul qui décidera de la lecture qu’il juge pertinente de faire du rapport de la consultation.

Mathias Hounkpé