Amadou Damaro Camara aborde enfin le 4 juillet 85

Son rôle dans la tentative de coup d’Etat de Diarra Traoré, dans la nuit du 4 au 5 juillet 1985, a donné lieu à beaucoup de supputations. Mais lui-même s’était jusqu’ici borné à écouter. Très souvent, il a éludé les questions portant sur le sujet. Mais cette fois, Amadou Damaro Camara rompt le silence. A travers un livre, ‘’Le coup d’Etat manqué du colonel Diarra Traoré, Guinée le 4 juillet 1985 Damaro parle’’ publié chez L’Harmattan Guinée – qui fait l’objet de dédicace le 1er novembre prochain – il livre sa part de vérité. Assumant sa participation au coup manqué, il en décrit les tenants et aboutissants. Des brouilles entre les colonels Lansana Conté et Diarra Traoré, à l’exécution de ce dernier, en passant par le siège de la RTG où il se trouvait en personne, Amadou Damaro Camara relate tout. Et il use du langage cru qu’on lui connait.

Si le coup d’Etat avait échoué, c’est surtout selon l’auteur parce que certains membres du groupe qui devait le perpétrer n’auront pas joué le jeu, comme ils s’y étaient engagés pourtant. Des représailles à relent communautaire qu’il y a eues, Amadou Damaro ne les passe non plus sous-silence. Au contraire, l’ethno-stratégie qui prévalait à l’époque et qui aura, selon lui, été une tendance particulièrement lourde dans l’explication des événements du 4 juillet 1985, Amadou Damaro Camara l’aborde de manière crue. Au point qu’on peut légitimement se demander s’il a lui-même pu résister à la logique de la victimisation qu’il abhorre tant.

 

 

 

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Mais se prévalant de cette expérience et estimant que son rôle a souvent donné lieu à des interprétations et même à des manipulations plus ou moins conscientes, il propose sa propre lecture de la réconciliation qu’il croit nécessaire, voire indispensable. Mais dit-il, cela suppose avant tout que tout le monde sorte de la surenchère et qu’avec l’aide des historiens, les faits ne soient ni surévalués, ni sous-estimés. Cela suppose aussi une volonté politique particulièrement affirmée et la démarche qui sied. Ainsi, par exemple, dit-il, le fait que le président Alpha Condé ait confié le chantier de la réflexion sur la réconciliation aux leaders religieux, s’apparente à une inversion de la démarche qu’il fallait adopter. Les religieux, à l’en croire, ne devant intervenir qu’au bout de la chaine, dans la phase du pardon.

Boubacar Sanso BARRY