RUGBY: l’Afrique du sud éteint l’Angleterre et s’empare de son troisième titre mondial

En surclassant le XV de la Rose (32-12) samedi à Yokohama en finale, les Springboks, avec un essai du Toulousain Cheslin Kolbe, deviennent champions du monde pour la troisième fois de leur histoire après 1995 et 2007.

Le match : 32-12

Les Springboks n’atteignent pas une finale pour la disputer mais pour la gagner. Ils l’ont une troisième fois démontré, samedi à Yokohama, en s’imposant face à une équipe d’Angleterre qui est passée complètement à côté du match : elle a encaissé plus de trente points, dont deux essais d’ailiers (Mapimpi à la 66e, puis Kolbe à la 74e), et aurait pu même sombrer encore davantage dans les derniers instants.

Rarement dans une finale de Coupe du monde, la sortie d’un joueur aura autant pesé que celle de Kyle Sinckler dès la 3e minute, victime d’un coup de coude involontaire d’un partenaire. Sans son ancrage à la poussée, le pack anglais perdit le combat de la mêlée et c’est tout le XV de la Rose qui pâtit de cette perte, déjouant en cherchant le combat frontal face à des Springboks armés pour ce défi.

Sur son grand temps fort en première période (28e-35e) devant l’en-but sud-africain, l’Angleterre ne récolta qu’un but de pénalité réussi par Farrell (35e, 6-6), revenu au tir et guéri de sa béquille. Mais à ce petit jeu de canonniers, l’ouvreur sud-africain Handré Pollard additionna les buts – six – pour porter le score à 18-12 à l’heure de jeu alors que les Anglais dominaient territorialement de façon stérile (64% d’occupation).

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Oubliant leur rugby fait de prise d’intervalles, refusant d’aller au large chercher des solutions, les Anglais subirent les impacts de Sud-Africains très à l’aise dans ce jeu de marche « avants » et de déplacements tactiques au pied. Sous pression, le XV de la Rose craqua dans un côté fermé d’école, Marx servant Mapimpi qui se créait avec Am l’essai (66e, 12-25) qui scellait le troisième titre mondial sud-africain.

Avec cette défaite, Eddie Jones aura donc perdu deux finales en tant qu’entraîneur principal, après celle de 2003 face à l’Angleterre (20-17), qu’il entraînait ce samedi.

Le tournant : Sinckler K.-O., la mêlée anglaise aussi

Les spécialistes l’assurent : « No scrum, no win » (pas de mêlée, pas de succès). Le scénario de cette finale leur a donné une fois de plus raison. Sorti sur K.-O. à la 3e minute après avoir pris le coude de son partenaire Maro Itoje en plein visage lors d’un plaquage sur Mapimpi à la relance, le pilier droit Kyle Sinckler a été remplacé par Dan Cole (32 ans) et la mêlée anglaise s’est mise à reculer, lourdement pénalisée (4e, 24e, 40e, 44e, 48e). Le moral en berne, leur conquête vacillante, les Anglais ont subi la loi physique des Springboks sur cette phase de combat structurée et n’ont jamais pu retrouver leurs marques. Lire la suite ici