L’environnement des affaires était au cœur d’un échange à Conakry

Comment se porte l’environnement des affaires en Guinée ? Comment faire en sorte que les réformes menées à l’interne impactent l’image du pays auprès des investisseurs potentiels à travers le monde ? Comment faire de la diversification de l’économie, une réalité au-delà des ambitions ? …ce sont là entre autres questions que cherchait à répondre une session d’échanges que le ministère en charge des investissements et des partenariats publics-privés a organisée ce vendredi 8 novembre autour de l’environnement en Guinée. La session qui s’est tenue dans un réceptif hôtelier de la place s’est aussi penchée sur le programme Millenium Challenge Corporation (MCC).

Le ministre Gabriel Curtis est formel. La Guinée a certes fait des progrès dans l’amélioration de son climat des affaires. Mais il y a encore des défis à relever. Et le ministre des investissements se veut plutôt concret : « par exemple, c’est 9 réformes que nous avons présentées au niveau du Doing Business, ce sont seulement deux qui ont été validées. Ça veut dire que les 7 autres doivent encore faire l’objet de plus de travail pour être validées cette année. C’est dans cette perspective que nous avons réuni tous ceux qui sont chargés au sein des différents départements ministériels à travailler sur l’amélioration du climat des affaires ».

Recensant l’ensemble des points positifs que la Guinée a engrangés consécutivement aux réformes qui ont été menées, Gabriel Curtis note :

Nous avons vu ce qu’il y avait au compte du forum économique mondial, notamment au niveau de la compétitivité, la Guinée a amélioré son score. Et nous avons aussi parlé du MCC, un programme qui finance de manière gratuite la construction d’infrastructures structurantes. Et là, la Guinée a aussi progressé de manière enviable, on a plus que doublé notre score, donc on est presque dans la catégorie des pays de l’éligibilité et nous allons travailler pour cela. La Guinée a aussi enregistré une croissance économique enviable. On a vu des croissances économiques à deux chiffres en 2016 et 2017, et une croissance économique forte en 2018 dont 6,8% et 6,3% pour 2019

Mais le défi de la diversification de l’économie, quant à lui, demeure entier : «  La croissance est portée par le secteur des mines et dans une moindre mesure par le secteur de l’agriculture. Et ce qu’on veut au niveau de l’investissement, c’est de créer un cadre le plus favorable possible pour qu’il y ait une véritable diversification de l’investissement dans ce pays, notamment dans le domaine que sont l’agriculture, l’énergie, les infrastructures, le tourisme etc. ».

Le ministre du Budget estime que l’effort en faveur de l’amélioration du climat des affaires est considérable : « Il y a une bonne perception par rapport à l’environnement global des affaires. Nous nous sommes inscrits dans des réformes structurantes pour que tous les investisseurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, puissent trouver leur compte au niveau administratif et que toutes les procédures liées à l’investissement soient simplifiées, accessibles aux moindres coûts ». Il y a que cependant, estime Ismaël Dioubaté, la Guinée vient de loin et le gap à combler, énorme:

Il ne faut jamais oublier qu’en 2010, nous étions le dernier de tous les pays. Maintenant  aujourd’hui, nous avons amélioré notre position de façon spectaculaire, mais nous voulons être parmi les pays les plus performants. L’année dernière, la Guinée était parmi les trois pays les plus réformateurs de l’Afrique de l’Ouest, ça ce n’est pas donné.

Balla Yombouno 

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