Réformes sur le handicap ? La Guinée partage son expérience à Naïrobi

La Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) prend fin ce 14 novembre à Naïrobi, au Kenya. Et la Guinée y est fortement représentée, avec notamment une délégation du ministère de l’Action sociale, de la Promotion féminine et de l’Enfance. Justement, un des représentants de ce département en la personne de Mohamed Diaby, directeur national de l’Action sociale, a mis à profit un des panels de ce mercredi 13 novembre pour partager avec l’ensemble des participants au sommet, les réformes menées en Guinée, en vue de garantir le respect effectif des droits reconnus aux personnes handicapées. Des personnes handicapées, elles-mêmes, fortement représentées à la rencontre.  

Dressant l’historique des efforts qui sont consentis en faveur des personnes handicapées, Mohamed Diaby a d’abord évoqué la a ratification de la Convention relative aux droits des personnes handicapées,  le 8 février 2008. Acte hautement symbolique en tant que tel. Mais le Directeur national adjoint de l’Action sociale admet que le processus de mise en œuvre de la Convention a été plutôt durant les 6 ans qui sont suivi. Mais désormais, le pays semble avoir pris conscience de la nécessité de prendre en compte ceux de ces habitants qui ont un handicap.

Ainsi, souligne Mohamed Diaby, le gouvernement guinéen a élaboré un Plan national de développement économique et social (PNDS) sensible aux questions du genre et du handicap. Ensuite, note-t-il : «  il y a eu  élaboration, l’adoption et la promulgation de la toute première loi portant protection et promotion des Personnes handicapées en 2018 ». De même, indique-t-il, une campagne de plaidoyer pour la prise en compte de la dimension handicap dans les programmes de santé de la reproduction et de la famille  a  été menée au niveau de  3 régions administratives sur les 8 que compte le pays. Une initiative particulièrement pertinence en ce sens qu’il ressort du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2014, que 47 % des personnes handicapées en Guinée sont des femmes, soit 73 338 personnes. « Une étude sur les facteurs d’exclusion des personnes handicapées des soins de santé a été également initié », déclare-t-il par ailleurs. Cette étude, selon lui, a révélé deux types de facteurs empêchant les personnes handicapées de bénéficier de soins conformément à leurs besoins : les facteurs liés aux caractéristiques socio économiques et culturelles et les difficultés rencontrées par les personnes handicapées qui décident d’accéder aux soins de santé. « C’est pourquoi le gouvernement a engagé la  revalorisation du Budget  en faveur du Handicap.  De 2011 à 2019, ce budget est passé du simple au triple », affirme Mohamed Diaby.

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A en croire Mohamed Diaby, des campagnes de sensibilisation de masse sur le Planning familial et, dans le cadre de la  lutte contre les IST/VIH et de distribution de contraceptifs sont souvent organisées dans les espaces de regroupement des personnes handicapées. « Le handicap n’est plus un sujet tabou. Le ministère a mis le sujet sur la place publique. Les médias, les Agences du SNU sont devenus des partenaires privilégiés du ministère. Le 3 décembre, Journée internationale des personnes handicapées, est devenu un rendez-vous très solennel », se réjouit-il. Pour lui,  la Guinée peut se targuer d’être parmi les pays de la sous-région où les personnes handicapées sont autant désormais valorisées par le Gouvernement que par les partenaires.

A la fin de son intervention, le panéliste guinéen a eu droit à des félicitations et à des accolades de la part de beaucoup de participants, notamment des personnalités de différents pays.

Gilles Mory Condé, envoyé spécial