Les administrateurs centraux à l’école des nouvelles dispositions légales de protection des enfants

Crédit photo: Saa Momory KOUNDOUNO

Les données de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) de 2018 révèlent une tendance stable des mutilations génitales féminines (MGF) en Guinée. Parmi les femmes et filles âgées de 15 à 49 ans, l’on constate que le nombre d’excisées est passé de 97% en 2012 à 95% en 2018. L’on relève également une baisse significative chez les filles âgées de 0 à 14 ans, de 45% en 2012 à 39% en 2018. Sur le plan judiciaire également, des progrès ont été enregistrés. Il s’agit de l’adoption en 2008 de la loi portant code de protection de l’enfant qui est en cours de révision et la promotion des mesures alternatives à l’enfermement des enfants en conflit avec la loi.

Toutefois, derrière ces progrès, se dressent encore d’importants défis à relever par le gouvernement guinéen pour assurer une meilleure protection de l’enfant. Pour exemple, lors de sa session du 28 février 2019, le comité des droits de l’enfant de Genève a recommandé au gouvernement de la République de Guinée, de faire appliquer les dispositions législatives portant interdiction des mutilations génitales féminines.

C’est pour répondre à cet appel du comité que le gouvernement guinéen et l’UNICEF ont organisé à Conakry du 18 au 19 octobre 2019, un atelier de formation des administrateurs centraux de la justice sur les nouvelles dispositions légales contre les violences faites aux enfants. Sa séance d’ouverture a été présidée par Mamadou Lamine Fofana, Ministre de la Justice, Garde des sceaux, entouré de Pierre Ngom, le Représentant résident de l’UNICEF et David Mcllroy, Ambassadeur de la Grande-Bretagne en Guinée.

Dans son intervention, Pierre Ngom, soulignera toute l’importance de cet atelier:

La cérémonie de ce jour est l’expression d’un engagement commun entre le Gouvernement Guinéen et les partenaires au développement pour promouvoir le droit qu’ont les enfants à être protégés, notamment lorsqu’ils sont en contact avec le système judiciaire, mais aussi quand ils sont sous le risque de subir des mutilations génitales féminines

Pierre Ngom, le Représentant de l’UNICEF

Saa Momory KOUNDOUNO
Pierre Ngom, Représentant Résident de l’UNICEF

Il s’est également félicité des actes posés par les autorités judiciaires guinéennes, à savoir le jugement et la condamnation depuis le mois de janvier 2019, de 3 exciseuses, alors que 15 autres sont en instance de jugement.

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Pour assurer une meilleure protection des enfants qui sont des êtres en formation et donc des citoyens de demain, le Ministre de la Justice, Garde des sceaux, Mamoudou Lamine Fofana attend des autorités judiciaires et administratives, qu’elles accordent une attention particulière à cette couche vulnérable :

Le juge des enfants exerce une double compétence pénale et civile qui intègre au premier chef, la personne même de l’enfant avant la sanction de l’acte qu’il a commis ou qu’il a subi. Notre politique repose sur une approche stratégique qui doit privilégier la pédagogie sur la répression

Mamoudou Lamine Fofana, Ministre de la Justice, Garde des sceaux

Saa Momory KOUNDOUNO
Mamoudou Lamine Fofana, Ministre de la justice, garde des sceaux en train de prononçant son discours d’ouverture de l’atelier

Réagissant au souhait formulé par le Représentant de l’UNICEF, pour l’adoption de la version révisée du code de protection de l’enfant par la session parlementaire en cours, le Ministre de la justice, garde des sceaux, Mamadou Lamine Fofana ajoutera : « D’ores et déjà, je peux vous annoncer que les dispositions du code de l’enfant en cours d’adoption à l’Assemblée nationale accorderont une place de choix aux juges qui mettront en œuvre la médiation pénale, le travail d’intérêt général et la sanction réparation, en plus de l’atténuation de la responsabilité des mineurs par rapport aux majeurs ».

Durant deux jours, les administrateurs centraux de la justice se sont imprégnés des nouvelles dispositions légales contre les violences faites aux enfants afin de renforcer la protection de ces derniers.

Saa Momory KOUNDOUNO, Unicef Guinée