La question foncière et les conflits qui peuvent en résulter, en débats à Mamou

Le gouvernement guinéen en partenariat avec l’ONG Association de coopération et de recherche pour le développement (ACORD), avec l’appui financier du Fonds des Nations pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a organisé du 18 au 21 novembre à Mamou, deux importantes rencontres dont l’une concerne la réactualisation du plan d’action du cadre de concertation multi-acteurs pour une gouvernance foncière responsable  mis en place en  2018  et l’autre,  un atelier de renforcement de capacités des membres du cadre de concertation sur la prévention, la médiation et la gestion des conflits fonciers. L’initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement de la gouvernance foncière au niveau national qui a réuni une quarantaine de participants venus des préfectures arrosées par le fleuve Sénégal dans sa  partie guinéenne ainsi que des représentants des  régions Administratives de N’zérékoré et Kankan.

Ces rencontres relèvent d’un processus en cours depuis un an et qui a déjà permis la mise en place d’une plateforme nationale multi-acteurs pour une gouvernance foncière inclusive. Dans cette plateforme, la présidence sera désormais assurée de manière tournante par les ministères de l’Agriculture  et de la Ville et de l’Aménagement du Territoire ; la vice-présidence quant à elle sera assurée par la CNOPG  et ACORD -GUINEE en assurera le secrétariat.

 Dans le cadre du même processus, deux  cadres de concertation multi-acteurs ont également été mis en place  pour les régions de  Kankan et de N’zérékoré.

S’inscrivant donc dans la logique de cette dynamique en marche, l’atelier de Mamou, selon Macky Bah, le Directeur-pays de l’ONG ACORD, a d’abord consisté en « l’actualisation du plan d’action du cadre de concertation et à la réflexion autour du mécanisme de sa mise en œuvre ».Le Directeur Pays dans sa communication a ressorti  qu’au titre de ce plan d’action, une place de choix sera accordée à la vulgarisation des « Directives Volontaires (DV) de la FAO ».

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Ensuite, il sera procédé, à l’en croire, à la collecte et au partage de certains documents notamment les codes, feuilles de route et textes juridiques avec les organisations paysannes et les organisations de la société civile en vue de l’intégration éventuelle d’informations dans les  deux feuilles de route élaborées par le ministère de l’Agriculture et celui de l’Aménagent du territoire et de la Ville.

Il est à préciser qu’en Guinée, la situation foncière a connu une évolution relativement accélérée ces dernières années, sous l’influence notamment des facteurs liés au changement de régime politique en Guinée, à l’expansion démographique, à l’augmentation des effectifs du cheptel, à des rapports marchands, au développement du marché foncier et des investissements agricoles et à l’intensité des activités minières, artisanales, semi-industrielles et industrielles. Tous ces facteurs engendrent dans la partie guinéenne du Bassin du fleuve Sénégal plusieurs types de conflits fonciers sont enregistrés entre Agriculteurs/Éleveurs ; Agriculteurs/Agriculteurs ; Pécheurs/Éleveurs qui ont pour causes le non-respect des couloirs de transhumance, des dispositions du code pastoral, des conflits de limites, de spoliation, de vente illicite de terres, de double cessions, d’escroquerie, de conflits autour des concessions et des aires protégées. La situation d’ensemble indique que la confusion découlant de la superposition du droit positif à celui coutumier n’arrange pas.

La rédaction