CHANGEMENT CLIMATIQUE : la CDN de la Guinée en débat

Avec un appui financier du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et la Banque africaine de développement (BAD), le ministère de l’Environnement organise à partir de ce 21 novembre, un atelier de concertation sur l’actualisation de la Contribution nationale déterminée (CDN). Une rencontre de deux jours que les 70 différents participants, venus de plusieurs secteurs mettront à profit pour entre autres, échanger sur le niveau de mise en œuvre de la CDN et présenter et valider la feuille de route pour l’actualisation de ladite CDN. Ils en profiteront également pour examiner quelques pistes de solution en vue de la lutte contre le changement climatique et en vue de la promotion d’un environnement sain.  

Document exposant les engagements d’un pays en matière d’adaptation et d’atténuation face au changement climatique, la CDN de Guinée  a été élaboré pour la première fois sur la base de la communication initiale dont l’année de référence est de 1994 dans son niveau 1. D’où la nécessité de son actualisation en vue de la rendre conforme aux directives de l’Accord de Paris et au livre des règles adoptées lors de la COP24. Cette nécessité se justifiant par ailleurs par le fait le fait qu’en 2020, les pays sont invités à soumettre les CDN actualisées sur la base de leurs contributions de 2015, au secrétariat de la Convention Cadres des Nations unies pour les changements climatiques (CCNUCC).

Présidant la cérémonie d’ouverture dans un réceptif hôtelier de la place, le ministre de l’Environnement note tout d’abord que le changement climatique est un frein au développement économique et social à la fois des pays industrialisés et de ceux en développement.

A lire  VIOLENCES A FRIA : les cadres ressortissants se prononcent

Ceci étant, Oyé Guilavogui estime que la Guinée fait des progrès dans la lutte contre le fléau du changement climatique. «La Guinée se positionne de plus en plus à réduire les effets négatifs et à développer les plans nationaux pouvant concourir à l’atteinte des objectifs associés à la Contribution Déterminée au niveau national», assure le ministre. Se penchant sur la CDN, il indique que les secteurs de l’agriculture, des ressources en eau, de la foresterie, de l’énergie et des mines sont des éléments clés pris en compte par la CDN guinéenne en termes d’adaptation et d’atténuation. «Pour garantir un développement durable en Guinée, il y a lieu de procéder à la conversion de notre CDN en politique, plans, projets, mesures et initiatives pouvant concourir à l’atteinte des objectifs associés à ce cadre » souligne-t-il. Par ailleurs, rajoute-t-il, l’actualisation de la CDN requiert une meilleure intégration de la question climatique dans la planification du développement national et une réévaluation des possibilités d’atténuation à l’horizon 2020-2030, tout en élargissant et renforçant la participation des parties prenantes.

 

Pour sa part, Luc Grégoire, le représentant-pays du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), note que la question de l’environnement constitue un enjeu majeur. « Nous savons que la Guinée, par son engagement, par ses orientations stratégiques, doit continuer à préserver ses ressources, son écologie humaine et promouvoir l’emploi vert. Cet atelier est aussi une occasion pour nous de nous retrouver  dans un schéma inclusif fondamental pour pouvoir donner la pleine expression à la Contribution Déterminée, mais aussi sur la réflexion des planifications stratégiques renforcées  qui puissent permettre de revisiter les modes de production de la Contribution Déterminée de la Guinée », indique-t-il. Puis, de poursuivre : « le renforcement des liens entre les dynamiques environnementales de développement durable et les planifications sectorielles au niveau central et décentralisé, permettront par la même occasion de mieux percevoir et appréhender les conditions du changement climatique, mais aussi  de renforcer les capacités nationales et attirer l’attention des partenaires pour la mobilisation des ressources dans le secteur.»

Plus concrètement, relève le représentant-pays du PNUD, le processus de renforcement de la CDN est également une occasion pour les pays de démontrer leur leadership climatique tout en faisant progresser les avantages en termes de développement tels l’amélioration de la santé, l’accès à une énergie propre et la croissance économique, conformément aux objectifs du développement durable (ODD).

A lire  BARRAGE DE SOUAPITI : les riverains dénoncent le non-respect des engagements

Quant à elle, Rokiatou Samb, représentante de la Banque africaine de développement (BAD), estime que le moment est venu de concrétiser les engagements pris tout en préservant les acquis du développement et en renforçant la résilience face aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux catastrophes liées au climat, qui sont devenus la norme en Afrique. Améliorer la CDN peut également aider à tirer parti des avantages économiques estimés à 3000 milliards USD associés à la prise de mesures climatiques ambitieuses d’ici 2030. « Cet atelier se tient donc à un moment décisif, alors que les pays africains recherchent des approches communes par le biais de leurs CDN pour la transition vers des économies sobres en carbone et résilientes au changement climatique», déclare-t-elle.

En tous les cas, le PNUD et la BAD marquent leur engagement à accompagner la Guinée dans sa politique d’actualisation de la CDN, mais aussi dans sa lutte contre le changement climatique.

Ibrahima Kindi BARRY