Dr. OUSMANE KABA : « je ne me sens nullement concerné par les propos du président… »

Dans le discours qu’il a tenu ce samedi 23 novembre à Kankan, Alpha Condé s’en est particulièrement pris aux « enfants de Kankan » qu’il a traités de « perdus parce que vendus aux ennemis ». A priori, dans ce passage de son discours, le chef de l’Etat fait allusion à ceux des Kankanais qui sont aujourd’hui de l’opposition. Eh bien sûr, cela fait penser entre autres à Dr. Ousmane Kaba, le leader du PADES. Sauf que ce dernier dit ne pas se sentir « concerné » par les propos du président Alpha Condé.

« Je ne me sens pas concerné parce que moi je ne connais pas un Guinéen qui soit mon ennemi. Nous sommes tous des frères et des sœurs en Guinée », confie l’ancien ministre. Dr. Ousmane Kaba trouve même qu’il dangereux de s’aventurer sur une pente aussi raide. « Nous sommes dans une situation très délicate. On doit au contraire promouvoir et renforcer la cohésion nationale au lieu d’exacerber les différences », recommande-t-il.

Le leader du PADES trouve que les Guinéens devraient davantage prêter attention aux sorties d’argent qui sont opérées dans le sillage des mobilisations pro-Alpha Condé. En effet, selon lui, la réception à laquelle le chef de l’Etat a eu droit à Kankan ne l’a été qu’avec une ‘’corruption à grande échelle’’. « On me parle de 20 milliards GNF sortis pour cette réception. Or, ces sorties massives d’argent, cette planche à billet, ce sont tous les Guinéens qui vont les payer. Déjà, tout le monde peut constater que le franc guinéen se déprécie par rapport au dollar et à l’euro. C’est une des premières conséquences de cette dérive dans la gestion de nos ressources. Ce qui risque d’arriver par la suite, c’est que les importations de produits vont nous coûter plus chères. Et bien entendu, ce sera l’inflation avec les prix qui vont s’envoler. Et c’est le Guinéen lambda qui va en pâtir », indique-t-il.

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Dr. Ousmane Kaba estime par ailleurs que le débat portant sur une nouvelle constitution a quelque chose de surréaliste. « Pourquoi parle-t-on de nouvelle constitution ? Une nouvelle constitution que personne n’a vue. En réalité, il ne s’agit ni plus, ni plus moins que du pouvoir à vie, du troisième mandat ». Et c’est pourquoi, assure-t-il, le PADES sera de toutes les batailles visant à empêcher l’instauration du pouvoir à vie en Guinée. « Que je suis là ou non, le PADES sera du combat toutes les semaines. Parce qu’il n’est pas question de laisser cette forfaiture prospérer ».

Boubacar Sanso BARRY