GUINEE/DROIT DE L’HOMME : appréciations, préoccupations et recommandations des ONG

A l’occasion de la célébration de la journée internationale des droits de l’homme, ce lundi 9 décembre 2019 à Conakry, les organisations non gouvernementales  ont dressé un tableau plutôt   mitigé  de la  situation des droits de l’homme en Guinée. Plusieurs personnalités du pays, notamment le Premier ministre, le ministre de la réconciliation nationale et son homologue en charge de la jeunesse, ont pris part à la cérémonie.

A l’occasion, les organisations et associations de défense des droits de l’homme, par la voix d’Abdoul Kadiri Diallo de l’OGDH,  se réjouissent que  cette  journée internationale  coïncide  avec l’adoption  des codes civiles et des enfants, d’une politique nationale en matière de droits de l’homme et d’une stratégie de prévention des conflits. Elles se félicitent aussi  de la nomination des juges d’application  des peines pour tenter  de mettre fin aux détentions préventives prolongées et à la libération des détenues ayant purgé leurs peines.

Ce pendant, elles restent préoccupées par la cristallisation du débat autour  du changement de la constitution, engendrant des manifestations qui ont fait  20 morts, de nombreux blessés, des arrestations et de dégâts matériels importants .« Il y a aussi le faible engagement des autorités  à mener des enquêtes pour faire la lumière sur les violences qui ont caractérisé les dernières manifestation, organisation par le FNDC», indique  Abdoul Kadiri Diallo.  Qui s’inquiète également  du décret convoquant  les électeurs pour le 16  février 2020- date contestée par une partie de l’opposition qui dénonce une fuite en avant-  et du  retard accusé dans l’organisation du procès portant sur le dossier du 28 septembre 2009,  alors que l’instruction est close depuis décembre 2017. Plus loin, il  dénonce  la lenteur du processus de réconciliation nationale,  la mauvaise condition de détentions des prisonniers et les violations des libertés de presse et d’opinion, se traduisant par l’attaque des journalistes, fermeture de radio,  harcèlement et intimidation à l’endroit des hommes de médiats. «  A tout ceux-ci, s’ajoute la  crise de confiance entre gouvernement et partis de l’opposition », dit-il.

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Pour toutes ces raisons, les organisations et associations de défense des droits humains  souhaitent l’implication personnelle du chef de l’Etat dans la lutte contre l’impunité,  à travers la tenue, sous son mandat, du procès du massacre du 28 septembre 2009, ainsi que la poursuite de tous les auteurs et commanditaires des violations des droits de l’homme. Elles l’invite  à s’assurer que les différentes échéances  du processus électoral sont organisées dans le respect de la constitution et du code électoral.

Dans la foulée, elles demandent au Premier ministre de garantir le dialogue politique et social, au Ministre de la justice  d’accélérer les procédures pendantes devant les juridictions, notamment celles liées aux dernières manifestations du FNDC et  aux évènements du 28 septembre  2009, au parti politique de privilégier le dialogue.

Yombouno