DOSSIER DE VIOL COLLECTIF A SIGUIRI : le ministère de la Justice donne des explications

Enfin, on en sait un peu plus sur la manière dont le ministère de la Justice gère l’affaire du présumé viol collectif à Siguiri. Suite au sit-in organisé dans la matinée de ce vendredi 13 décembre devant ledit ministère par des organisations de défense des droits humains, les responsables en charge du dossier sont relativement sortis de leur silence pour donner des explications et quelques assurances. Au nombre des manifestants, essentiellement des femmes, il y avait l’épouse du chef de file de l’opposition, Hadja Halimatou Diallo. Brandissant leur revendication inscrite sur des papiers blancs, elles réclamaient ‘’Justice pour Dame X’’. Dame X étant l’appellation de la présumée victime, pour préserver sa sécurité.  

Le ministre de la Justice étant lui-même indisponible, c’est le directeur national des affaires judiciaires du département qui est venu à la rencontre des protestataires. Et selon Alpha Saliou Barry, le dossier de la dame X n’est nullement banalisé. A l’en croire, la mutation du procureur de Siguiri au moment des faits est l’une des raisons du retard accusé dans le traitement du dossier. Autrement, avant cette mutation, la brigade de recherche de Kankan avait été saisie du dossier, assure-t-il : « quand nous avons été informé, nous avons interpellé les autorités de Siguiri. Le procureur de la république près du tribunal nous a informé que bien qu’il y ait eu un petit retard, mais il a saisi la brigade de recherche de Kankan. Il aurait dû saisir la gendarmerie de Siguiri, mais en raison de la supposée implication des autorités de gendarmerie ou militaires de Siguiri, il a préféré saisir la brigade de recherche de Kankan ».

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Bien sûr, le représentant du ministère de la Justice admet que cette brigade n’a pas encore déposé son procès-verbal. Mais selon lui, ce retard à son tour, a ses explications. « Il est question d’identifier des personnes filmées de dos. Ce n’est pas aisé. Il se pourrait qu’il y ait des voix, mais des expertises semblent nécessaires pour l’identification de ces personnes. De toutes les façons, la procédure suit son cours », assure-t-il

Pour sa part, Moussa Yero Bah, porte-parole du collectif à la base du sit-in, à travers un mémorandum, explique que la recrudescence des violences faites aux femmes est le fondement de l’auto saisine du dossier de Dame X par les organisations de défense des droits humains. Avec à la clé leur constitution en partie civile, dans l’optique d’un procès.  « Nous continuerons à défendre les principes sacro-saints du respect de la dignité humaine, pour que plus jamais les victimes de violences sexuelles ne soient coupables des agissements du ou des violeurs » promet-elle.

Hawa Bah