Goodluck Jonathan et Nicephore Soglo pointent une absence de consensus sur le calendrier électoral des législatives

En Guinée depuis quelques jours dans le cadre d’une mission conjointe National Democratic Institute (NDI) et la Fondation Kofi Annan (KAF), les anciens présidents Goodluck Jonathan (Nigéria) et Nicéphore Soglo (Bénin) ont rendu publiques ce vendredi 13 décembre les conclusions des concertations qu’ils ont menées auprès des principaux acteurs de la crise guinéenne. Et pour ce qui est des élections législatives attendues le 16 février prochain, les deux anciens présidents disent avoir décelé, entre autres problèmes, une absence de consensus autour du calendrier électoral.

Cependant, la mission conjointe dit avoir noté que :

Tous les Guinéens rencontrés ont exprimé le fort désir d’avoir des élections législatives apaisées, inclusives et crédibles en 2020. Ils ont souligné l’importance de ces élections pour le renforcement de la démocratie du pays et la fin de la prorogation de la législature actuelle dont le mandat a expiré en janvier 2019. De nombreux guinéens se sont dits préoccupés par le fait que les spéculations sur des changements au cadre constitutionnel et le calendrier électoral du pays affectent la préparation des élections de février 2020.

Les anciens présidents nigérian et béninois ont par ailleurs dénoncé les violences qui ont entaché les manifestations politiques depuis octobre dernier. Violences qui, soulignent-ils: « ont fait des morts et occasionné des dégâts matériels. La plupart des victimes de violences étaient des jeunes de 20 ans ou moins ».

La délégation a également relevé une polarisation et une méfiance parmi les acteurs politiques guinéens et les organisations de la société civile. La délégation a observé que bien que la commission électorale (CENI) soit confiante quant aux mesures prises pour organiser les scrutins, « les dirigeants politiques de la majorité et des partis d’opposition ont exprimé des préoccupations concernant le processus d’inscription des électeurs en cours ». En conséquence, les deux anciens présidents recommandent à la CENI qu’elle déploie des « efforts extraordinaires pour partager des informations sur son travail et son calendrier avec les citoyens ». Sur la même lancée, indiquent-ils,  « les dirigeants guinéens doivent renforcer le dialogue entre les partis politiques et favoriser des communications et des interactions plus régulières entre les partis et l’organe de gestion des élections ».

A lire  KASSORY FOFANA: "Ma mission n'est pas d'engager des négociations ou de conduire un dialogue"

Mais en ultime conclusion, la délégation dit avoir observé « qu’il n’y a pas de consensus national sur le calendrier électoral et sur la capacité de la commission électorale à procéder à temps à l’enregistrement des électeurs pour les élections législatives de 2020 ».

Balla Yombouno