Le Groupe national de contact demande de surseoir au “débat sur la nouvelle constitution”

Une nouvelle fois, le Groupe national de contact (GNC) sort de sa réserve. Via son second communiqué, ce groupe de personnalités jugées consensuelles déplore la crise politique au coeur de laquelle se trouve actuellement le pays. Il dénonce en particulier les violences ayant engendré des pertes en vies humaines, dans le sillage des manifestations que connait la Guinée depuis la mi-octobre. De manière singulière, sont dénoncées les violences qui, le 4 novembre dernier, avaient émaillé les funérailles d’un premier de victimes des manifestations du FNDC. Dans la foulée, le Groupe national de contact se prononce de manière plus générale sur le débat autour de la nouvelle constitution. Les conditions de ce débat, estime-t-il, sont “une violation de la  loi fondamentale actuelle qui régit le fonctionnement de l’Etat jusqu’à nouvel ordre“. En outre, poursuit-il: “Ce débat paralyse l’administration, oppose les citoyens, perturbe l’économie nationale, exacerbe l’ethnocentrisme, corrompt nos transactions économiques et financiers avec l’étranger et occasionnent des pertes en vies humaines”. Et conséquemment, il recommande: “A défaut d’un arrêt pur et simple de ce débat qui n’est fondé ni sur un texte, ni sur un cadre de concertation, le Groupe National de Contact recommande de surseoir purement et simplement à ce débat et arrêter toutes manifestations de part et d’autre”. 

Ci-dessous, le contenu intégral du communiqué du Groupe national de contact

COMMUNIQUE N° 2 

Chers compatriotes

Au cours de ces trois derniers mois, notre pays a été de nouveau marqué par la succession d’évènements malheureux.

En effet, les manifestations ont enregistré de nombreuses arrestations, des blessés graves et  des dizaines de pertes en vies humaines, en majorité des jeunes tués à la fleur de l’âge. Cette situation a profondément ému et indigné le Groupe National de Contact à l’image de toutes les personnes éprises de droit, d’humanisme et de paix.

A lire  SIDYA TOURE : ‘’Si Alpha Condé présente un candidat…’’

Pendant que les familles, parents et des centaines de Guinéens attendaient les obsèques de ces fils du pays dans l’honneur, la dignité et la compassion, de nouvelles violences et tueries ont été perpétrées sur les participants rassemblés pour la circonstance et sur les habitants du voisinage.

Les processions funèbres à la Mosquée et au cimetière ont été perturbées et les sépultures profanées.

Le Groupe National de Contact et de Dialogue pour la Paix en Guinée est fortement choqué et attristé. Il tient à exprimer sa profonde déception dans la mesure où ces agissements caractérisés par une haine incompréhensible et injustifiée mettent à rude épreuve l’unité nationale et la cohésion sociale.

Le Groupe National de Contact considère que cette escalade de la violence traduit le comportement indélicat de groupes de personnes hostiles au respect des principes de démocratie et des droits de l’homme.

Elle témoigne aussi d’une dérive dangereuse et préoccupante dans la conduite de notre destinée commune.

Elle constitue enfin un déni des valeurs séculaires d’humanisme, de fraternité et de solidarité qui fondent notre culture et nos religions depuis des siècles.

Nous tenons à rappeler que ces actes de diabolisation, de stigmatisation et de crimes gratuits contre une partie des Guinéens ne résoudront pas les problèmes politiques, économiques et sociaux qui se posent à la Guinée.

Les acteurs politiques de tous bords et les Forces de Défense et de Sécurité doivent bien comprendre que ces violences récurrentes contribuent à cristalliser les clivages et à compromettre durablement la cohésion, la stabilité et la paix dans le pays.

A lire  ECONOMIE : le nouveau président de l’APB décline ses ambitions

Les dérives verbales incendiaires, l’utilisation outrancière et désinvolte de l’ethnie et du régionalisme à des fins politiques violent les lois de la république et menacent durablement l’unité nationale.

Le Groupe National de Contact est également très préoccupé par le processus électoral qui s’amorce et génère des difficultés majeures dans ses différentes phases d’exécution.

L’ingérence notoire des fils ressortissants des préfectures du pays, en complicité avec leurs coordinations, leur notabilité, influencent négativement le fonctionnement normal de l’administration territoriale

Les préfets, les responsables des Forces de Défense et de Sécurité, la justice sont devenue de simples exécutants.

Cette situation est à la base du non-respect des décisions de justice, des soulèvements des populations contre l’autorité de l’Etat.

Chers compatriotes,

Le Groupe National de Contact estime que les conditions du débat actuel sur la constitution sont une violation de la  loi fondamentale actuelle qui régit le fonctionnement de l’Etat jusqu’à nouvel ordre. Elle doit être respectée de tous.

Ce débat paralyse l’administration, oppose les citoyens, perturbe l’économie nationale, exacerbe l’ethnocentrisme, corrompt nos transactions économiques et financiers avec l’étranger et occasionnent des pertes en vies humaines.

A défaut d’un arrêt pur et simple de ce débat qui n’est fondé ni sur un texte, ni sur un cadre de concertation, le Groupe National de Contact recommande de surseoir purement et simplement à ce débat et arrêter toutes manifestations de part et d’autre.

Il en appelle encore une fois à la conscience des acteurs politiques, des Forces de Défense et de Sécurité et du gouvernement pour gérer les contradictions inhérentes à la vie sociale et politique dans le respect des valeurs fondatrices de notre devise nationale «Travail, Justice, Solidarité» et dans la préservation des droits à la vie, à l’expression, à la justice et à la paix.

A lire  Le rapport à Alpha Condé, les annexes au peuple

L’avenir de la Guinée et des Guinéens en dépendent car il n’y aura pas de paix et de développement sans la sécurité et la justice pour tous les fils du pays.

Le Groupe National de Contact pour le Dialogue et la Paix en Guinée