NZEREKORE : les citoyens demandent la prorogation du délai du recensement électoral.

A priori, c’est ce lundi 16 décembre que prend fin de l’enrôlement des électeurs. Mais à N’zérékoré, la période réservée à cette phase du processus électoral. En tout cas, de nombreux citoyens demandent une extension de ce délai. Se confiant notamment à notre correspondant régional, ils estiment que beaucoup n’ont pas eu le temps de s’inscrire sur la liste électorale.  

Et si le délai n’a pas suffi, c’est notamment dû à de nombreux problèmes que le processus d’enrôlement a rencontrés depuis son démarrage. En particulier, du côté de la capitale de la région forestière, on pointe des ruptures momentanées de récépissés qui auront considérablement ralenti l’inscription des électeurs.  « Dès le début, nous avons dénoncé les tares et les faiblesses. Il y a d’abord eu l’enrôlement des mineurs. Il y a aussi le manque de récépissé qui a fait qu’en fonction de la disponibilité ou non de ce document, le processus a évolué en dents de scie. Un moment, il ya eu rupture. Ce qui fait que durant une semaine les gens n’ont pas pu se faire recenser », confie Cécé Gbocé Loua . Il en tire une recommandation à l’intention de l’opposition : « l’opposition ne doit pas prêter le flanc à cette élection. Aller à une élection avec un tel fichier, c’est donner l’occasion à Alpha Condé ou au RPG d’avoir un 3ème mandat en passant par l’assemblée nationale », estime-t-il

Reproche identique de la part d’un superviseur de zone. Il reconnait que les arrêts intempestifs qu’il y a eu depuis le début du processus ne sont pas sans conséquences.  « Il faut qu’on se dise la vérité.  Après quelques jours de la rupture, la reprise n’a pas été facile. Les membres des CAERLES ne venaient pas. Ils se plaignaient de leur traitement financière ce qui fait qu’ils venaient à compte-gouttes. Alors que les citoyens venaient pour se faire enregistrer, personne n’était là pour le faire. Même si les opérateurs de saisie étaient là mais ce sont les membres des CAERLES qui remplissent les fiches pour les transmettre aux autres. Cela a eu des impactes négatifs sur l’enrôlement’’, a dit Etienne Sagno, superviseur au compte de la CEPI.

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Un autre citoyen rencontré par notre correspondant que les gens ont mis du temps à s’intéresser au recensement. Dans un premier temps, ils ne semblaient y accorder de l’importance. L’histoire de 3ème mandat aurait aussi beaucoup agit sur le processus car selon lui beaucoup ne pensaient qu’à cela. Il dénonce par ailleurs l’attitude de certains membres des CAERLES.

« Un autre paradoxe, c’est l’attitude de certains membres des CAERLES. A l’égard des citoyens dont certains quittaient directement leurs services pour aller se faire enrôler, quelques-uns d’entre eux avaient des discours discourtois. Ce qui n’est pas pour encourager ceux-ci. Ce n’est pas parce qu’ils seraient mal payés qu’ils sont autorisés à ne pas nous respecter. Qu’ils sachent beaucoup quittent leurs commerces, leurs bureaux ou toute autre activité pour ce devoir citoyen », relate-t-il.

Bref, si tout s’arrête ce 16 décembre, nombreux sont les citoyens qui ne figureront pas sur le fichier électoral. Il faut donc proroger le délai du recensement, recommande la présidente d’un bureau de recensement. “Ils n’ont pas commencé à temps la sensibilisation. Beau coup pensaient que c’est lier au 3ème mandat. C’est maintenant que les gens viennent, alors que le délai c’est le 16 décembre. Comme la sensibilisation est bien passée, les gens sont motivés. Ils n’ont qu’à proroger le délai pour permettre à tout le monde de se faire enrôler », suggère Yvonne Koivogui, présidente de la CAERLE N°1 de Gbahana.

A suivre…

Nzérékoré, Edouard Kolié pour le Djely.com