La réplique cinglante d’Aboubacar Sylla à Nicéphore Soglo

Entre les autorités guinéennes et les deux anciens présidents, Nicéphore Soglo et Goodluck Jonathan, le temps des discours convenus et aux accents diplomatiques, est terminé. Place désormais à une contradiction plus ouverte. C’est ainsi qu’après les propos de l’ancien président béninois relayé hier par nos confrères de RFI, c’est le même média que le porte-parole du gouvernement guinéen a choisi ce matin pour sonner une réplique des plus cinglantes. Aboubacar Sylla, par ailleurs ministre d’Etat en charge des Transports, dénonce des « supputations » et une attitude « discourtoise, inamicale et irrespectueuse » de la part de Nicéphore Soglo et de Goodluck Jonathan.

« Je crois que c’est totalement discourtois, totalement inamical et totalement irrespectueux pour des anciens chefs d’Etat étrangers de venir s’impliquer, se mêler d’un débat national qui n’est pas arrivé encore à son terme », c’est en effet ce qu’il déclare au micro de nos confrères de la radio mondiale. Il trouve en substance que la mission, d’une part, est allé au-delà du cadre qui était convenu, à savoir l’évaluation du processus électoral relatif aux législatives. D’autre part, il estime que les conclusions des anciens présidents sur un « éventuel référendum » sont prématurées. En effet, affirme-t-il : « d’abord, en Guinée, il n’est pas question de troisième mandat jusqu’à preuve du contraire. En Guinée, on parle d’un référendum éventuel, pour avoir une nouvelle constitution. Parce que la constitution actuelle est en panne de légitimité. La mission a totalement débordé du cadre qui avait été initialement indiqué aux autorités. La mission est partie se mêler d’un débat qui agite la cité et qui concerne le référendum constitutionnel ».

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Enfin, Aboubacar Sylla pense que les émissaires de NDI et de la Fondation Kofi Annan ont manqué à leur devoir de sagesse, dans le cadre de leur mission. « Je crois que ce que cette mission aurait pu faire à la limite, c’était de plaider l’apaisement, c’était de demander à ce qu’il y ait un dialogue, un débat civilisé à la place de ces troubles et manifestations interminables de rue. Mais nous entendons M. Soglo anticiper, faire des supputations sur un objectif caché de ce référendum qui serait d’ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Alpha Condé », regrette-t-il. Or, martèle à nouveau le porte-parole du gouvernement guinéen : « Mais il n’en a jamais été question pour le moment ».

La rédaction