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RESISTANCE ANTI-TROISIEME MANDAT : à chaque camp, son bilan

Ça y est ! Ce lundi 13 janvier, début de la phase de résistance active contre le projet de nouvelle constitution, décrétée par le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), tout le monde attendait de savoir ce à quoi il ressemblerait. Eh bien, on en a chacun une petite idée désormais. Et bien sûr, en fonction du camp auquel on appartient ou que l’on soutient, on voit le verre à moitié plein ou à moitié vide. Bref, ce soir, entre le pouvoir et le camp de la contestation, chacun tire la couverture de son côté.

La constante regrettable

Toutefois, au-delà de ces perceptions forcement subjectives, il convient de relever une constante qui, celle-là, n’aura malheureusement pas évolué. Il s’agit des tueries dans le sillage des manifestations, qu’elles soient politiques ou sociales. Cette constante n’aura pas changé. Le jeudi dernier, en marge de mouvements d’humeur des élèves, consécutivement à la grève que venait de déclencher le SLECG, on avait déploré deux victimes dont une adolescente de 18 ans. Toutes deux tuées par balle. Et aujourd’hui encore, on déplore deux autres victimes dont une à Conakry et une autre à Labé. Cet aspect-là du bilan, aucun des camps en conflit ne devrait s’enorgueillir. Mais en termes de défi et de responsabilité, il interpelle en premier lieu les autorités. C’est à elles qu’il incombe d’assurer la sécurité des Guinéens, aussi bien les manifestants que ceux qui ne souscrivent pas à l’appel à manifestation du Front national pour la défense de la constitution (FNDC). Et si ce n’est pas lui qui tue, il revient à l’Etat de trouver ceux qui le font. C’est cela le principe, même si les autorités n’ont pas toujours manifesté un intérêt particulier à le traduire en acte.

Un échec?

Pour le reste, comme nous le disions, c’est à chacun son bilan. Pour les partisans du pouvoir, la montagne n’aura accouché que d’une souris. Mettant en parallèle les annonces de ces derniers jours de la part du FNDC, et la réalité telle qu’elle s’est présentée ce lundi aussi bien à Conakry que dans certaines villes de l’intérieur du pays, ils ne sont pas loin d’assimiler le camp de la contestation à la grenouille qui a voulu se prendre pour un bœuf. Tantôt, ils se moquent du peu de mobilisation et conséquemment de la faible adhésion des Guinéens au combat que mène le FNDC, tantôt ils louent la capacité d’anticipation des forces de l’ordre qui, estiment-ils, auront su tuer les velléités de contestation dans l’œuf. En conclusion, les militants du pouvoir trouvent que pour cette première journée, c’est plutôt l’échec. Et à voir le soulagement avec lequel ils le crient, on sent que quelques-uns parmi eux étaient en proie à quelques appréhensions et au doute.

Une victoire?

Bien entendu, le son de cloche est tout à fait différent dans le camp du Front national pour la défense de la constitution (FNDC). De ce côté, on crie plutôt à la victoire. Ousmane Gaoual et Cellou Dalein Diallo en particulier se sont réjouis de la mobilisation. La coordination nationale du Front a elle-même produit un communiqué via lequel elle met un point d’honneur à énumérer les localités du pays où l’appel à manifestation a été « largement suivi », dit-elle. Mais ce que le FNDC revendique surtout au soir de cette première journée, c’est la paralysie d’une partie du pays. Certes, il n’y a pas eu d’impressionnantes foules dans les rues de Conakry en particulier. Mais dans la capitale guinéenne et dans bien de villes de l’intérieur du pays, les activités étaient fortement affectées, à défaut d’être totalement paralysées. Est-ce là l’objectif qui était recherché ? Certains ne sont pas loin de l’insinuer. D’autres invitent à ne pas perdre de vue le fait que cette nouvelle phase de la bataille contre un troisième mandat s’inscrit à vocation à s’inscrire la durée. Pour ceux-là, le défi n’était nullement dans la mobilisation de ce premier jour. Il serait plutôt dans la capacité à maintenir la dynamique dans le temps. Bien sûr, même si dans ces explications, on peut soupçonner une volonté opportune de récupération du « lot de consolation », il n’est guère évident de l’étayer. D’autant que le FNDC s’était volontiers abstenu de dévoiler sa stratégie.

Wait and see

Mais dans tous les cas de figures, les prochains jours, à commencer par ce mardi, devraient aider à partager les deux camps.

Boubacar Sanso BARRY  

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