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SAHEL : la présence française légitimée par les dirigeants du G5

C’est en lisant le communiqué officiel ayant sanctionné le sommet de Pau d’hier sur la crise sécuritaire dans le Sahel que l’on comprend mieux ce que le président français entendait par la « clarification » qu’il exigeait de ses homologues du G5 Sahel. Manifestement très affecté par le sentiment anti-français qui s’est exprimé ces dernières semaines au sujet de la présence de Barkhane dans la région, Emmanuel Macron tenait à faire dire aux dirigeants des pays du Sahel que ce sont eux qui sollicitent humblement cette présence française. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est arrivé à ses fins. Ibrahim Boubacar Keïta et ses homologues de la région, ravalant fierté et orgueil, réitèrent vivement que la présence des militaires français dans le Sahel puisse se poursuivre. Ce après quoi, l’opinion publique africaine aurait tort de s’en prendre à la France.

Une nouvelle Coalition pour le Sahel

Durant les trois heures qu’aura duré leur entretien, le président français et les dirigeants du G5 Sahel ont discuté de la manière dont ils doivent tous s’y prendre pour mieux aborder le défi sécuritaire dans la région. Il en découle un nouveau cadre d’intervention dans le Sahel baptisé « Coalition pour le Sahel ». Une nouvelle approche à l’intérieur de laquelle les dimensions politique, stratégique et opérationnelle sont repensées et adaptées aux enjeux de la lutte anti-terroriste tels qu’ils se présentent aujourd’hui. Dans ce nouveau cadre, comme cela a toujours été préconisé, la gouvernance et le développement entre autres, sont censés retrouver toute leur place. Mais en plus, dans le cas du Mali en particulier, les autorités ont sollicité et obtenu que cette nouvelle approche prenne également suffisamment en compte le redéploiement de l’Etat et des administrations dans les zones qui échappent aujourd’hui à leur contrôle.

Malentendu et amalgame dissipés?

Mais l’autre sujet phare que le sommet de Pau a abordé, c’est le statut et l’avenir des soldats français dans la région du Sahel. Confrontée à une montée vertigineuse des critiques qui, ces derniers temps, dénoncent la présence de son dispositif militaire dans le Sahel, la France entendait clarifier les choses. Alors que de plus en plus, certains voient dans la présence prolongée du dispositif Barkhane dans la région, une manière déguisée pour l’ancienne puissance coloniale de défendre des intérêts économiques qui lui sont chers, Emmanuel Macron qui aura décidément très mal vécu ces dénonciations, a exigé de ses homologues qu’ils disent clairement que ce sont eux qui sollicitent cette présence. Ainsi, espère-t-il, le malentendu et l’amalgame seront dissipés. D’autant que la demande des cinq dirigeants du Sahel sont explicitement inscrits dans le communiqué final du sommet. On imagine que le chantage français dénoncé par le contre-sommet de Pô aura pesé de tout son poids. En tous les cas, on peut lire notamment dans le communiqué final que les présidents sahéliens émettent le « souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel ». Mieux, ils plaident pour  un « renforcement de la présence internationale à leurs côtés ». Quant aux missions des troupes présentes dans la région, elles consistent à la « protection des populations civiles, à la défense de  la souveraineté des États et à  prévention d’une extension de la menace terroriste dans les pays frontaliers ».

Quel gâchis!

Voilà qui est clair, comme le souhaitait Emmanuel Macron. A moins d’être de mauvaise foi, personne ne devrait plus s’en prendre directement à la présence française au Sahel. Le Sahélien que cette présence indisposera dorénavant n’aura qu’aller voir son propre président. Quant à Emmanuel Macron, pour ses troupes, il dispose désormais qui ne souffre d’aucun conteste. Ce qui ne l’empêche de mettre dans la balance le retrait de ces mêmes troupes, si d’ici au mois de juin prochain, les progrès escomptés ne sont pas tangibles de la part des mêmes présidents des pays du G5 Sahel. Il en va ainsi de l’Afrique, en l’an 60 des indépendances nationales. Quel gâchis !

Boubacar Sanso BARRY      

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