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LUANDA LEAKS : les révélations qui devraient inspirer les autres

Des révélations résultant de l’exploitation par le Consortium international des journalistes d’investigation (CIIJ) des 715 000 documents concernant les obscures pratiques financières d’Isabel dos Santos et de son époux, Sindika Dokolo, peut-on parler d’informations ? Pas nécessairement. Le mot qui traduit le mieux le sentiment de bien d’observateurs, c’est plutôt la confirmation des soupçons. Parce qu’en réalité, très peu de ceux qui, sur le continent africain notamment, entendaient vanter l’énorme richesse de la fille d’Edouardo dos Santos, croyaient que cette fortune était exclusivement le fruit de ses efforts. Même si l’intéressée elle-même profitait de toutes les occasions pour mettre en exergue ses talents et son bon flair pour les investissements rentables, il y a que beaucoup expliquaient davantage son ascension fulgurante par la fonction qu’occupait son père et surtout par le fait que celui-ci, régnait en véritable pacha sur les richesses insolentes de l’Angola. Aussi, c’est davantage à ceux qui, étant aujourd’hui aux affaires, que s’adressent en premier lieu, les « Luanda Leaks ». Pendant qu’il est encore temps, ils doivent en tirer toutes les leçons.  

Le déclin était proche

Il y a à peine quatre ans, le duo Isabel dos Santos-Sindika Dokolo trônait sur le toit du monde. Ce monde-là, le couple l’avait même littéralement à ses pieds. A l’époque, Isabel dos Santos, la femme la plus riche de l’Afrique, à la tête d’une fortune de plus de 3 milliards de dollars alors qu’elle n’a pas encore 45 ans, ne s’imagine pas que le déclin de son empire est proche. Le coup de semonce arrive pourtant plus tôt que prévu en septembre 2017, avec l’élection de Joao Lourenço, le successeur d’Edouardo dos Santos qui aura régné sur l’Angola, près de 40 ans durant. Pourtant, en transmettant le pouvoir, ce dernier croyait en avoir confié les rênes à celui qui, le mieux, lui garantirait une certaine tranquillité à l’heure de la retraite. Malheureusement, JLO héritant d’un Angola moins faste que le pays l’avait été quelques années plus tôt, ne peut pas faire dans le sentimentalisme. Obligé de séduire les partenaires occidentaux, le nouveau président doit faire le ménage. Et c’est le clan dos Santos qui en fait les frais. En effet, dès mars 2018, José Filomeno dos santos, un des fils de l’ex-président et surtout patron du Fonds souverain angolais, est inculpé pour détournement et placé en prison. Sa demi-sœur Isabel, elle, est d’abord lestée de ses responsabilités à la Sonangol, la société nationale de pétrole, puis accusée d’avoir détourné pas moins d’un milliard de dollars.

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Isabel, vulnérable

Encore que jusqu’ici, certains avaient tendance à voir dans le démantèlement du clan dos Santos, une forme de règlement de comptes ou à tout le moins, une « chasse aux sorcières ». Mais avec les preuves que les médias du Consortium international des journalistes d’investigation a pu disposer et disséquer, cette thèse que les dos Santos continuent pourtant à mettre en avant, est partie pour être battue en brèche. Ne pouvant plus disposer des solides appuis de son papa et du rempart que celui-ci constituait également face aux poursuites judiciaires, Isabel devient vulnérable. Sans oublier qu’avec cette publicité dont elle n’avait nullement besoin, bien de ses partenaires risquent de s’éloigner de la menace qu’elle représente désormais pour leurs affaires. En somme, pour l’héritière jadis fortunée, l’étoile pourrait désormais pâlir. Et franchement, pas grand-monde ne viendra regretter cette déchéance. Tout au contraire, on risque d’y voir la marque d’une justice réparatrice…

Toute une leçon

Mais cette rocambolesque histoire, il y en a qui devraient bien s’en inspirer. Il s’agit notamment des dirigeants qui, aujourd’hui encore se croyant tout-puissants, font des richesses de leurs pays une propriété privée. Et Dieu seul sait qu’ils sont nombreux à avoir une telle conception. Des pays du continent dans lesquels les richesses du sol et du sous-sol servent grassement les enfants, la fratrie, les beaux-parents, les cousins, les neveux et mêmes les copines du président de la République. Ce, alors que le reste de la population croupit dans une inacceptable misère. Pour ceux-là et pour ceux des leurs qui bénéficient de ces faveurs indues, le cas Isabel dos Santos est la preuve que la roue tourne sans cesse et que du piédestal duquel ils regardent aujourd’hui les autres avec condescendance et mépris, ils peuvent très vite se retrouver dans le creux du ravin. Du cas malheureux d’Isabel dos Santos, qu’ils tirent donc les leçons utiles, pendant qu’il est encore temps.

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Boubacar Sanso BARRY    

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