Grâce à l’Assainissement Total Piloté par la Communauté, Tiépa passe de 0 à 11 latrines

UNICEF/ I.S. KABA

En juillet 2019, les habitants de Tiépa allaient en brousse pour se soulager, avec l’appui de l’UNICEF, ce village est aujourd’hui un village assaini et dispose de 11 latrines soit une latrines par ménage.

Situé à 7 Km du chef-lieu de la commune rurale de Bossou, Préfecture de Lola, Tiépa est un petit village du district de Soromiata 2. Il compte 102 habitants répartis dans 11 ménages. Jeannette Neamy, animatrice au Centre d’Etude et d’Appui au Développement (CEAD) est basée à Bossou, et supervise 10 villages. « Au début du projet, l’on a reçu des formations comme animatrices et mobilisatrices dans les villages sur l’ATPC à Lola et à Bossou. Nous avons ensuite été déployés sur le terrain. Dans chaque village, nous nous adressons aux leaders naturels et aux chefs des villages. Ce sont eux qui ont la charge de sensibiliser les populations sur les avantages d’avoir des latrines. Je supervise 10 villages et je passe trois fois par semaine. Ici, à Tiépa, il n’y avait pas de latrines quand je suis venue ici la première fois, mais aujourd’hui il y en a 11 ».

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Jeannette Neamy, Animatrice au Centre d’Etude et d’Appui au Développement (CEAD) basée à Bossou

Avant les latrines, les maladies diarrhéiques étaient récurrentes surtout au niveau des enfants qui rampaient. Marcel Samy, RECO et leader naturel à Tiépa,  raconte : « la première fois que les animateurs de l’ATPC sont venus, ils nous ont posé des questions à savoir : qu’est-ce qui peut vous éloigner les maladies ? Et qu’est-ce qui vous donne les maladies ? Nous avons répondu que ce sont les déchets des animaux et de l’être humain. Pour éviter ces maladies, nous avons besoin de latrines. Ils ont répondu qu’ils peuvent nous aider, mais c’est à nous de le faire. C’est ainsi que l’on nous a envoyés à Bossou pour la formation. Mon travail consistait à faire dégager les déchets du village avant la construction des latrines ».

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Marcel Samy, RECO et leader naturel à Tiépa

En plus de la nécessité d’avoir une latrines pour chaque ménage, les leaders naturels et les agents de suivi de l’ONG CEAD sensibilisaient les communautés à observer les bonnes pratiques d’hygiène notamment le lavage des mains au savon, le traitement de l’eau à domicile, le maintien régulier des kits WASH au niveau des latrines (eau, savon, …) etc.

A présent, l’on peut se promener dans le village sans sentir aucune odeur nauséabonde.

Cécile Salé, bénéficiaire : « Le jour du déclenchement, quand les animateurs nous ont expliqué les avantages de l’ATPC et les effets de la défécation à l’air libre, j’avais honte de moi-même. Je me suis dit que je suis en train de manger mes propres excréments. C’est de là que l’on a pris conscience de l’urgence de construire des latrines. Actuellement, tu peux te promener dans le village les yeux fermés sans même piétiner un excrément. Nous vous remercions très sincèrement de nous avoir ouvert l’esprit et améliorer notre état de santé ».

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Cécile Salé, bénéficiaire

Pour maintenir de façon durable leur statut de “Village assaini”/Village FDAL (Fin de la Défécation à l’Air Libre), chaque famille s’est engagée pour l’assainissement quotidien de son ménage. Et le chef de village a dédié un jour de chaque mois pour l’assainissement collectif du village.

Ibrahima Sory Kaba, Unicef Guinée