Le FNDC met la communauté internationale face à ses responsabilités

Face au constat du silence énigmatique de la communauté internationale par rapport à la crise que connait la Guinée depuis quelques mois, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC) interpelle cette dernière et la met devant ses responsabilités. Rappelant que la crise en question résulte de la volonté du président Alpha Condé et de son entourage de proposer au pays une nouvelle constitution, avec comme unique mobile de permettre au chef de l’Etat de contourner le verrou de la limitation de mandat figurant dans la constitution encore en vigueur, le front anti-troisième mandat précise en outre que depuis le déclenchement de ses actions de contestation à la mi-octobre 2019, ce sont 37 Guinéens qui ont perdu la vie dont 35 par balles, alors que 70 autres ont été grièvement blessés dont, là aussi, 30 par balles. A tout cela, s’ajoutent de nombreuses autres exactions énoncées par le FNDC dans cette dernière déclaration. Et vu que le président de la République a décidé du couplage des législatives et du référendum à la date du 1er mars prochain, les membres du Front disent craindre les conséquences graves pouvant découler de l’obstination du président de la République. Aussi, ils interpellent les acteurs de la communauté internationale et les invite à prendre des “mesures vigoureuses tant au niveau individuel que collectif contre tous ceux qui, par leur propos ou actions, ce projet dangereux pour la Guinée et la sous-région“. 

DÉCLARATION N°061

La Guinée a suscité beaucoup d’espoir en 2010 lorsqu’elle s’est dotée d’une Constitution de sortie de crise qui lui a permis de porter à la magistrature suprême l’actuel Président de la République après plusieurs années d’errance politique.

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Ce retour à l’ordre constitutionnel a été rendu possible grâce à la mobilisation de la communauté internationale au lendemain des dramatiques événements du 28 septembre 2009 perpétrés par la junte au pouvoir depuis 2008.

Réélu en 2015 et après avoir prêté solennellement serment par deux fois sur la Constitution de mai 2010 en jurant de la respecter et de la faire respecter, le Président de la République s’évertue à remettre en cause les principes de l’État de droit acquis au prix de lourds sacrifices par le Peuple de Guinée.

En effet, à quelques mois de la fin de son deuxième et dernier mandat, M. Alpha Condé veut engager notre pays dans un referendum inopportun dont l’unique but est de se maintenir au pouvoir au détriment de la volonté du peuple et en violation des lois de la République.

Selon l’institut de sondage Afro-baromètre, l’écrasante majorité de la population guinéenne (82%) est favorable à la limitation des mandats présidentiels. Les grandioses mobilisations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) qui s’oppose catégoriquement au projet de troisième mandat constituent une preuve éloquente.

Ces actions pacifiques d’envergure du FNDC déclenchées à partir du 14 octobre 2019 ont toutes été sauvagement réprimées dans le sang et à travers des actes d’humiliation dont se sont rendues coupables les forces de défense et de sécurité à la solde de M. Alpha Condé. A ce jour, on dénombre 37 guinéens tués (dont 35 par balles), plus de 70 personnes gravement blessées (dont 30 par balles), des centaines d’arrestations arbitraires, de persécutions ainsi que des dégâts matériels considérables. 

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Plusieurs autres scènes d’exactions, de crimes et d’humiliations filmées par des témoins ont choqué le monde entier. Certaines de ces vidéos montrent des services de sécurité en train d’incendier des marchés ou d’utiliser une femme comme bouclier humain. 

Malgré ce bilan macabre, le 19 décembre 2019, M. Alpha Condé est sorti au grand jour pour officialiser sa volonté de changer la Constitution en vigueur sans aucune raison valable si ce n’est son ambition de faire sauter le verrou constitutionnel qui l’empêche de briguer un mandat supplémentaire.

En dépit de toutes les mises en garde sur les risques d’embrasement et de déstabilisation de la Guinée et de l’ensemble de la sous-région ouest-africaine sous l’emprise du terrorisme, le Président Alpha Condé et le clan mafieux qui l’entoure ont décidé de passer par d’hypothétiques élections législatives pour proposer un projet référendaire anticonstitutionnel.

Pour réussir leur passage en force, les promoteurs du troisième mandat ont concocté un fichier électoral corrompu contenant plusieurs doublons et de nombreux mineurs, en violation des dispositions pertinentes de la loi électorale.

Ces élections législatives rejetées par les principales formations politiques de l’opposition ont initialement été prévues le 28 décembre 2019, puis reportées au 16 février 2020 avant d’être fixées au 1er mars 2020. Tout cela, pour faciliter le couplage de ces élections avec le référendum.

Cette prétendue constitution très délétère rédigée pour satisfaire les ambitions égoïstes d’une infime minorité expose toute la Guinée à une implosion sociopolitique de plus en plus imminente au regard de la dégradation continue des conditions de vie des citoyens, la montée des discours de haine, des assassinats ciblés, des frustrations sociales de toutes sortes et des exactions sur des paisibles citoyens soupçonnés d’être des militants du FNDC.

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C’est dans le souci de prévenir urgemment les graves conséquences que pourrait engendrer l’obstination de M. Alpha Condé qui veut se maintenir illégalement au pouvoir, que le FNDC se fait le devoir pressant de relayer les aspirations et l’appel du peuple de Guinée auprès de la communauté internationale en vue d’actions concrètes pour prévenir une guerre civile en Guinée. 

Dans cet esprit, le FNDC appelle la communauté internationale à prendre des mesures vigoureuses tant au niveau individuel que collectif contre tous ceux qui, par leurs propos ou par leurs actions, soutiennent ce projet dangereux pour la Guinée et la sous-région. 

Il y va de la préservation des acquis démocratiques ainsi que la sécurité et la stabilité de notre sous-région.

Le peuple de Guinée est invité à rester mobilisé et à suivre les orientations qui seront annoncées dans les prochains communiqués à la fin de la trêve demandée par les religieux. 

Ensemble Unis et Solidaires, Nous vaincrons! 

Conakry le 06 février 2020