Ben Youssouf Keïta à propos de la résistance : « on ne peut plus reculer »

C’est une déclaration de laquelle transparaissent à la fois le désespoir qui commence à gagner l’opposition guinéenne et même temps détermination à ne pas lâcher prise, dans le bras de fer entre elle et le pouvoir du président Alpha Condé. Ce samedi 8 février 2020, en marge de l’Assemblée générale hebdomadaire de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Ben Youssouf Keïta, président de la commission Santé du parlement sortant, a indiqué que les enjeux et les sacrifices consentis sont tels que le camp de la contestation « ne peut plus reculer ».  

Se livrant à un bref rappel historique du chemin parcouru par la Guinée sur la voie de sa démocratisation, Ben Youssouf Keïta particulièrement mis l’accent sur les sacrifices notamment humains que les Guinéens auront consentis depuis l’arrivée du président Alpha Condé aux affaires. « Nous avons consenti d’énormes sacrifices depuis 2011. Il y a eu plus de 140 morts. Certains ont perdu leurs enfants, d’autres leurs épouses ou époux », souligne-t-il. Et après un tribut aussi lourd, lance le député : « on ne peut plus reculer ».

Mais on croirait aussi entendre : « on ne doit pas reculer ». Car dit-il, reculer reviendrait à abdiquer et à se résigner fatalement à la disparition du parti UFDG et de la Guinée, tout simplement. « Le 1er mars – date prévue pour le couplage du référendum constitutionnel et des législatives – c’est la date limite ! Si le référendum se tient, c’est fini pour l’UFDG, c’est fini pour nous tous et c’est fini pour la Guinée ». Aussi, le député fait appel au dernier sursaut d’orgueil de la part des militants de son parti. La mobilisation de chacun et de tous, c’est le sens de son appel : « chacun d’entre nous peut faire quelque chose pour empêcher ce référendum. Ne laissons pas le problème dans les mains des jeunes ou des femmes seulement. C’est une affaire de tous ».

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Sera-ce suffisant pour inverser la tendance qui penche pour le moment en faveur du président Alpha Condé? Attendons de voir

La rédaction