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L’excision, est une pratique néfaste pour la santé, Hadja Mariama Djélo milite pour son abandon

A Bangouya, elle s’emploie à convaincre sa communauté à abandonner la pratique de l’excision au regard de ses effets néfastes pour la santé de la jeune fille.

Hadja Mariama Djélo Kouyaté, griotte, vit à Bangouya, une commune rurale située à 44 km de la préfecture de Kindia. À 68 ans, elle consacre son temps à ses petits-fils qui égaient ses jours au quotidien et la mosquée. Elle a eu 3 filles dont 2 aujourd’hui vivantes et mariées. Assise dans une chaise dans sa cour, elle se souvient encore des moments inoubliables de sa vie de foyer, notamment ceux liés à la vie de ses enfants qu’elle chérit tant.
Il s’agit de sa 2ème fille, aujourd’hui âgée de 31 ans. Après son excision, elle a failli y rester. Il a fallu qu’elle soit évacuée en Sierra-Léone pour avoir la vie sauve. « J’ai réalisé depuis longtemps que l’excision était néfaste pour la santé de la jeune-fille, mais les pesanteurs culturelles et sociétales n’offraient aucune opportunité de la remettre en cause à cette époque. Ma 2ème fille excisée a fait une crise le jour de son excision. Je l’ai envoyée dans les hôpitaux sierra-léonais et elle a miraculeusement survécu »

En effet, la pratique de l’excision était perpétuée dans les sociétés africaines par conformisme social et sociétal et pour le respect des us et coutumes que prônait à l’époque la gérontocratie. Hadja Mariama n’a pas dérogé à cette règle sous peine d’être mise au ban de la société, bien qu’étant consciente des effets néfastes de sa pratique. Mais depuis que des voix ont commencé à se libérer pour lever un coin du voile sur son côté néfaste pour la santé de la jeune-fille, elle peut dorénavant parler des inconvénients de l’excision sans encombres. Et ce en grande partie grâce au projet du Comité national suisse pour l’UNICEF, qui a financièrement appuyé l’organisation de séances de sensibilisation, de causeries éducatives et de dialogues communautaires à travers le projet « Construire des évidences innovantes pour accélérer le changement en matière de MGF » mis en œuvre dans cette localité de 2018 à 2019.

« C’est vraiment une aide inestimable que les institutions nous apportent, en l’occurrence l’UNICEF qui a aidé à briser le tabou autour de cette question hautement sensible auparavant. Depuis son implication à travers des séances de sensibilisation, je me suis personnellement engagée à convaincre mes voisines pour son abandon en prenant appui sur mon amère expérience, et surtout celle de ma fille qui a failli y rester. Heureusement, beaucoup semblent comprendre cette vérité. Nous rendons alors grâce à Dieu ».

Hadja Mariama reconnaît que les débuts n’ont pas été faciles, car cette pratique était fortement ancrée dans nos us et coutumes et l’est encore pour d’autres groupes sociaux en dehors de Bangouya. Il a fallu travailler d’arrache-pied pour que les messages envoyés trouvent un écho favorable. Les premières attitudes réfractaires à ces messages appelant à son abandon s’expliquaient par la crainte de la stigmatisation sociale, car la subir à l’époque était pour les jeune-filles, un signe de pureté.

« C’est quand je me déplace dans les villages environnants de Bangouya, et lors des causeries avec mes amies ou d’autres femmes, que je trouve une astuce pour faire virer nos causeries vers l’excision. Je saisis l’opportunité pour évoquer les effets néfastes de sa pratique pour la santé de la jeune-fille et pour sa future vie conjugale et mes interlocutrices acquiescent avec un signe qui trahit la découverte in fine de la face cachée de l’iceberg ».

Son statut de leader religieux dans sa contrée fait d’elle, une vieille femme très écoutée et également un levier très important sur lequel  elle surfe et qui l’aide à faire passer son message en faveur de l’abandon de la pratique de l’excision.

Comme recette de cet engagement, Elle a une fois obtenu l’abdication des parents à l’excision de 2 jeune-filles : l’une à Bangouya et l’autre à Madina Djan. Depuis, elle veille sur elles en prenant fréquemment des informations sur leur situation. Mieux, elle vit avec 2 petites filles âgées respectivement de 5 et 8 ans qui ne sont pas excisées et veille à ce qu’elles ne le soient pas.

Ce militantisme social, Hadja Mariama Djélo Kouyaté compte le poursuivre jusqu’à ses derniers jours sur terre, promet-elle. De quoi réconforter alors les autorités guinéennes qui militent pour l’abandon de cette pratique.

D’une localité à une autre, les réalités diffèrent, les communautés de Norassoba et de Balato en Haute-Guinée s’engagent à leur tour pour l’abandon de l’excision et du mariage d’enfants

Ici en Haute-Guinée, les communautés de Norassoba et de Balato vivant respectivement dans les préfectures de Siguiri et de Kouroussa se sont réunies le 25 octobre pour célébrer la déclaration d’abandon de l’excision et du mariage des enfants.

Julie DUBOIS
Présentation du skecth des jeunes filles de Balato contre les MGF

Au moins, 2000 personnes se sont rassemblées à Norassoba et à Balato sur la place du village. Toutes les couches sociales de la communauté étaient représentées : les religieux, les leaders traditionnels, les chausseurs traditionnels, les guérisseurs, les anciennes exciseuses, les femmes, les jeunes, les enfants. Des danses traditionnelles et des saynètes sur les méfaits de l’excision et les mariages d’enfants et les pratiques positives ont été présentées. S’en est suivie la lecture du pacte par les communautés qui unit désormais les villages des deux communes pour protéger les filles de l’excision et du mariage d’enfant.

Le mot final a été donné par le Directeur de Cabinet du Gouverneur de la région de Kankan, Almamy Symbaly, qui a rappelé la décision prise par le Gouverneur de bannir ces deux pratiques de sa région administrative et il a rassuré la population du soutien total des autorités pour l’application stricte des lois interdisant l’excision et le mariage d’enfants.

Julie DUBOIS
sketch des communicateurs traditionnels de Balato

Cette année, pour la première fois, des communautés se sont elles-mêmes engagées pour déclarer l’abandon des MGF/E et du mariage d’enfants, sans appui direct des organisations de la société civile. Elles ont conduit elles-mêmes le processus vers l’abandon tel que mené dans les communes de convergence. Ce processus a consisté en l’opérationnalisation de structures communautaire de protection de l’enfant (SYPEG) à travers la formation et l’appui financier et technique de l’UNICEF dans la mise en œuvre de leurs plans d’action.  Des causeries éducatives et dialogues communautaires réguliers ont ainsi été réalisés et ont permis d’identifier 1072 filles à risque d’excision ou de mariage d’enfants qui sont aujourd’hui protégées de ces pratiques.

Julie DUBOIS
Les réprésentants des viollage de Norassoba qui ont déclaré avoir abandonné l’excision et le mariage d’enfants

L’UNICEF a appuyé le gouvernement guinéen à réviser le Plan Stratégique pour l’Abandon des MGF/E en y intégrant de nouvelles stratégies permettant d’aboutir à un changement de comportement porté par les communautés. En 2019, ce sont 199 communautés qui ont déclaré l’abandon des MGF/E et des mariages d’enfants dans les communes de convergence et d’autres communes sensibles à l’abandon de ces pratiques.

Pour renforcer la mise en application et le respect des engagements, un mécanisme de surveillance post déclaration est mis en place au niveau de l’ensemble de ces communautés afin de s’assurer qu’elles ne reviennent pas sur leurs engagements. Ceci se fait au travers des structures de protection de l’enfant en collaboration avec les réseaux associatifs de femmes, de jeunes des autres programmes du gouvernement.

Julie DUBOIS
Le masque de Norassoba lors de la célébration de l’abandon de l’excision et du mariage d’enfants

Les résultats y compris les déclarations ont été rendus possibles grâce au financement du Comité Suisse pour l’UNICEF et le programme conjoint UNFPA/UNICEF pour l’abandon des MGF.

Saa Momory Koundouno

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