On en a beaucoup parlé ces derniers jours. La résolution du parlement européen sur la situation en Guinée, a été finalement adoptée ce jeudi 13 février 2020. Le texte adopté fait le tour de la crise née de la volonté du président Alpha Condé de doter le pays d’une nouvelle constitution qui pourrait lui permettre de s’offrir un troisième mandat de six ans à la tête du pays. Justement, sur ce point précis, les députés européens sont clairs. Ils disent regretter « tout projet visant à modifier les dispositions constitutionnelles du pays sur la durée des mandats présidentiels » et invitent le président Alpha Condé à se conformer à l’article 27 de la constitution encore en vigueur.
Outre les questions se rapportant strictement à la nouvelle constitution, les parlementaires européens se sont aussi intéressés aux violences générées par la controverse autour du projet porté par Alpha Condé. Violences qu’ils disent déplorer, tout en condamnant « fermement les atteintes à la liberté de réunion et à la liberté d’expression, ainsi que les actes de violence, les assassinats et autres violations des droits de l’homme ». Sur les cas de morts enregistrés dans le cadre notamment des opérations de maintient d’ordre, les députés européens invitent le « gouvernement de la République de Guinée à lancer rapidement une enquête transparente, impartiale et indépendante sur les morts et les blessures de manifestants ainsi que les accusations d’usage excessif de la force et d’autres violations des droits de l’homme par des agents des services répressifs; demande que les responsables, y compris au sein des forces de police et de sécurité, soient tenus de rendre des comptes et ne bénéficient pas d’une forme d’impunité ».
Se prononçant également en faveur d’un dialogue inclusif pouvant déboucher sur des élections législatives et présidentielles qu’ils souhaitent inclusives et transparentes, ils font par ailleurs part de leur préoccupation à propos de l’indépendance véritable et réelle de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), des restrictions et autres intimidations auxquelles sont confrontés les médias et les activistes de la société civile.
Ci-dessous, l’intégralité de la résolution telle que publiée sur le site du parlement européen
La rédaction