Alpha Ibrahima Keira répond au parlement européen : « Nous n’avons pas de leçon à recevoir de l’Europe ».

La résolution que le parlement européen a adoptée ce jeudi 13 février sur la crise qui secoue la Guinée ne passe décidément auprès des autorités.  Dans cette résolution, les eurodéputés avaient d’une part, clairement affiché leur opposition face au projet de nouvelle constitution, et d’autre part, vigoureusement condamné la répression contre les manifestations du Front national pour la défense de la constitution (FNDC).  Eh bien, ce samedi 15 février 2020,  comme jadis Moussa Dadis Camara avec Bernard Kouchner, l’ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile, a répondu que la Guinée n’a pas de leçon à recevoir du vieux continent. Et que la Guinée, pays souverain, ferait ce que les Guinéens voudront qu’elle fasse.

Selon Alpha Ibrahima Keira, la résolution du parlement européen a tout d’une manœuvre d’intimidation. Sauf que, préconise-t-il, la Guinée ne doit pas céder à cette intimidation. D’autant qu’à l’en croire, le référendum en soi est un exercice éminemment démocratique qui fait partie de l’histoire de la Guinée.  «Le peuple de Guinée a toujours voulu qu’il soit consulté pour choisir librement ses dirigeants, qu’il choisisse librement son régime politique et son projet de société. C’est pour cette raison que chaque fois, le peuple de Guinée a été appelé aux urnes ».

Puis, de la part de l’ancien ministre de la Sécurité, le ton est monté crescendo :

Est-ce que les Etats-Unis ou l’Europe peuvent nous interdire de consulter notre peuple ? Est-ce que la Guinée fait partie de l’Union européenne ? Est-ce que la Guinée fait partie des Etats Américains ? La Guinée est un pays indépendant et souverain depuis 1958. Et comme l’a dit le Président de la République, Pr Alpha Condé, il ne fera que la politique de son peuple. Et la volonté suprême de son peuple, c’est que nous devons aller vers une nouvelle république dans le cadre d’une nouvelle constitution qui est discutée par le peuple, amendée par le peuple et que chacun puisse exprimer, le 1er mars 2020, sa décision dans les urnes et de manière démocratique. Celui qui est contre, il est libre de mettre le bulletin Non et celui qui est pour, peut mettre le bulletin Oui.

Alpha Ibrahima Keira enfonce même le clou :

…… refusons de salir l’image du pays parce que nous allons en souffrir. Ceux qui le font pensent que nous avons des leçons à recevoir de l’Europe. Nous n’avons pas de leçon à recevoir de l’Europe et, nous disons que ce processus est irréversible. Le Président de la République ne fait que jouer son rôle…

Balla Yombouno

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