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INCENDIE DE MATOTO : les mécomptes des victimes

Dans la soirée du lundi 17 février 2020, un incendie s’est déclaré dans un entrepôt de matelas au marché de Matoto, dans la commune du même nom. Notre reporter y est retourné pour faire l’état des dégâts et écouter les victimes. Des estimations qu’on peut établir sur la base des témoignages, les pertes peuvent chiffrer à plusieurs millions de francs guinéens. Outre les objets consumés par le feu à l’intérieur de l’entrepôt, le contenu de plus d’une vingtaine de boutiques et de magasins situés à des mètres à la ronde est également parti en fumée. Un enfant de cinq ans est par ailleurs du nombre du bilan humain déploré.  Les sinistrés, abattus et ne sachant à quel saint se vouer, sont dans l’expectative et en proie au chagrin et au désespoir.  

Bilan des pertes

Des témoignages que nous avons recueillis, plus de 400 ans matelas, des motos, des climatiseurs, des machines à coudre, congélateurs, groupes électrogènes et pièces de rechange de véhicules sont du lot des pertes enregistrées à la suite de l’incendie. Ce à quoi on peut ajouter, divers autres articles qui étaient entreposés dans les nombreux autres magasins et boutiques qui, eux non plus, n’ont pas échappé à la furie des flammes. Et bien sûr, la perte tragique d’un enfant de cinq ans littéralement consumé.

Le chagrin des victimes

Aboubacar Keita, électricien automobile et détenteur d’un garage situé à l’arrière-cour de l’entrepôt est l’une des victimes. Désemparé, le quinquagénaire égrène ce qu’il a perdu :

Personnellement, j’ai enregistré une grande perte. J’ai perdu 12 batteries dont les prix varient entre 400.0000 et 850.000 GNF. J’ai perdu des pièces de rechange qui m’ont coûté cher. J’ai perdu aussi un détecteur de panne d’électricité sur les véhicules qui coûte 1500 dollars que m’a grande sœur m’avait acheté sous forme de crédit. Il y a d’autres pertes que je n’ai pas encore fini d’évaluer, mais je sais que cela va me coûter beaucoup d’argent.

Quand nous l’avons interrogée en ce qui la concerne, Kadiatou Bangoura avait la douleur gravée sur son visage. Mariée et mère de 6 enfants, elle avait laborieusement réussi à monter un business qui lui permettait d’entretenir sa vaste famille.  Malheureusement, en quelques heures, tout a été réduit en cendre :

Je revendais des livres mais vu que ça ne marchais pas, je me suis tournée vers la vente de chaussures pour fille. Je n’ai rien pu sauver de ma marchandise. J’ai péniblement réussi à mobiliser le capital pour mettre en place cette affaire. J’ai perdu plus de 3 millions d’investissement et c’était le seul investissement sur lequel ma famille et moi-même comptions. Je ne sais plus vers qui me tourner.

Ou plutôt, elle espère le concours de l’Etat : « je fonde mon espoir sur l’Etat car mon mari est un chauffeur et les choses sont très durs pour lui en ce moment » se lamente-t-elle.

Alpha Abdoulaye Baldé, absent au moment de l’incendie, ne réalise pas ce qui lui arrive. En proie à la désolation, il n’a pas encore fait le compte des pertes :

J’étais absent lorsque l’incendie s’est déclaré. Je revends des matelas et des accessoires de maison. Toute ma boutique est partie en fumée, rien n’a pu être sauvé. Pour le moment, je ne peux pas évaluer ma perte, mais vous pouvez être certains que cela se chiffre en des millions de francs guinéens. Je ne sais pas à quel saint me vouer. J’ai contracté une dette de plusieurs millions pour lancer cette affaire. Honnêtement, je ne sais pas pour le moment comment faire pour rembourser mes créanciers.

Au milieu des ruines laissées par les flammes, une autre victime, une femme, littéralement en larme, ne cessait de répéter : « eh Dieu ! Eh Dieu ! Comment vais-je faire maintenant ? Comment vais-je faire désormais avec mes enfants ?». Questions sans réponses !

Une origine incertaine

Sur l’origine du sinistre, les témoins interrogés par notre rédaction ne s’accordent pas. Certes, beaucoup parmi eux incriminent  les propriétaires de l’entreprise  Le Meilleur Produit (LMP), une entreprise qui fabrique des cuves en caoutchouc renforcé, contigüe à l’entrepôt de matelas. « L’incendie provient de chez eux. Comment est-ce qu’ils peuvent mettre du feu sur des bois alors qu’ils font limite avec un réparateur de climatiseurs et un garagiste ? C’est ce sont eux qui sont à l’origine de l’incendie» accuse ainsi avec véhémence un des témoins. Mais aussitôt, un autre relativise : « nous avons soudainement vu les flammes surgir. Le temps pour nous d’alerter les autres, le feu avait déjà pris de l’ampleur et il était impossible de s’approcher pour l’éteindre. Je ne peux pas vous dire exactement d’où sont venues les flammes»

Le principal mis en cause, un des responsables de l’entreprise LMB, de nationalité indienne, quant à lui, se défend sous le sceau de l’anonymat :

Vous pouvez le constater par vous-même, il n’y a rien qui a brûlé chez-nous. Par contre, c’est bien notre mur qui fait dos au magasin de matelas qui a été noirci par la fumé. Si le feu provenait de nos locaux, certaines parties de notre bâtiment seraient calcinées par les flammes.

Interrogé sur le tas de bois dans la cour de l’entrepôt et dont certains disent qu’ils ont servi à allumer le feu à l’origine de l’incendie, il rejette là aussi :

Avant que nous occupions les lieux, il y avait une autre entreprise qui évoluait dans le secteur du bois. C’est à elle qu’appartiennent ces bois et nous avons tout fait pour qu’elle vienne les récupérer, en vain.

Comme d’habitude, des enquêtes sont vaguement annoncées pour situer les responsabilités. Mais parmi les victimes qui broient du noir, personne ne veut y croire.

Ibrahima Kindi BARRY

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