MADIFING DIANE: l’aveu qui trahit le régime Alpha Condé

Le crime n’est jamais parfait, dit-on souvent. D’une certaine façon, les aveux que le gouverneur de Labé, Madifing Diané, a faits au micro de Thomas Dietrich de lemediatv.fr, illustrent à bien des égards cette citation. Autrement, ce commis de l’Etat qui n’est ni inintelligent, ni inexpérimenté, ne commettrait pas ce qui, à priori, passe pour une monumentale erreur. Comme s’il se parlait à lui-même, à l’abri de tout regard indiscret, il a eu un cas de conscience et a lâché: “notre souhait était de les arrêter…que de les tuer“.  C’était manifestement plus fort que lui. 

Cette confession est rendue publique, alors que par rapport à la répression dont les contestataires de la nouvelle constitution font l’objet depuis la mi-octobre 2019, dans le meilleur des cas, les autorités au plus haut niveau font dans la diversion et la langue de bois, en promettant avec beaucoup de légèreté des enquêtes dont on est quasi certain qu’elles ne seront jamais menées. A propos de ces tueries, on aura même entendu des explications faisant porter le chapeau aux manifestants. D’ailleurs, à entendre le gouverneur de Labé, on a l’impression que vers la fin de ses propos, il a quelque peu tenté de se reprendre en servant la thèse officielle qui assimile les opposants à la nouvelle constitution à des hordes armées de fusils de guerre, de fabrication locale et même à des djihadistes. Mais le mal était fait. Avec le bout d’aveux qu’il a lâché, bien malgré lui peut-être, la crédibilité de la version gouvernementale est un peu plus mise à mal.

A lire  RECENSEMENT DES ENSEIGNANTS : la commission promet de poursuivre l'opération

Lire l’intégralité de l’article de Thomas Dietrich en cliquant sur Guinée: ce n’est pas une révolte, c’est une révolution.

Boubacar Sanso BARRY