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Politique

GUINEE: faut-il maintenir les élections du 1er mars ? (Mathias Hounkpé)

En principe, les Guinéens sont supposés aller voter le 1er mars 2020 pour, à la fois, renouveler leur Parlement et se prononcer pour ou contre le nouveau texte de la constitution. Mais voilà qu’à seulement quelques jours du scrutin, l’équipe d’assistance technique de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) se retire du processus électoral au motif qu’il y aurait plus 2 millions d’électeurs douteux sur les 8 millions que compte la liste électorale. Personne aujourd’hui, en Guinée, ne conteste l’existence de ce problème. D’où la question fondamentale suivante : faut-il maintenir les élections au 1er mars 2020 ? A mon humble avis, non, pour les raisons ci-dessous.

Devant une situation de doute sérieux sur l’intégrité de la liste électorale (on parle ici de doute sur près de 25% de la liste), il y a deux (02) options. Soit l’on corrige les insuffisances relevées sur la liste avant de poursuivre le processus électoral quitte, si nécessaire, à repousser la date des élections. C’est exactement ce qui s’est passé entre les deux tours de la présidentielle de 2010 en Guinée où, à la demande du candidat Alpha Condé, le 2e tour n’a été organisé que plus de 4 mois après le premier afin de permettre, entre autres, que des corrections soient apportées à la liste électorale. Le processus électoral de 2010 en Côte d’Ivoire avait également été interrompu afin de corriger les insuffisances notées sur la liste électorale. D’autres exemples sont disponibles.

Soit, un accord intervient entre les acteurs politiques sur le fait que les insuffisances de la liste ne sont pas de nature à biaiser le processus électoral. Cet accord permet d’avancer dans le processus. C’était le cas au Ghana, il y a quelques années, où malgré des doutes sur près de 800 000 électeurs, les élections ont quand même eu lieu et les résultats furent acceptés par les différentes parties bien que l’écart entre le gagnant et le perdant était d’à peine 50 mille voix.

Voilà pourquoi, à mon humble avis, sans la correction des insuffisances du fichier électoral et sans accord politique, il vaudrait mieux arrêter le processus électoral. Ceci est d’autant plus fondé que l’une des raisons (extrêmement discutable) avancées par le pouvoir pour justifier le changement de la constitution actuelle serait son manque de légitimité parce qu’elle aurait été adoptée par le parlement de transition et non par référendum. Quelle serait alors la légitimité d’une constitution adoptée par référendum avec une liste dont l’intégrité est fortement entachée et la non-participation d’une partie de la classe politique ?

Mathias HOUNKPE

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