ILVP2020 : Aliou Bah participe à la commémoration de la tragédie du pont de Selma (Alabama)

Dans le cadre de sa participation à l’édition 2020 du programme du département d’Etat américain International Visitor Leadership Program (ILVP2020), Aliou Bah a participé, ce dimanche 1er mars 2020, aux côtés de Jesse Jackson, John Lewis, Al Sharpton et d’autres grandes icônes du mouvement des droits civiques aux États-Unis et la lutte contre le racisme dans le monde, à la commémoration de l’un des plus importants événements de l’histoire américaine. Il s’agit des événements tragiques de Selma à Montgomery qui renvoient à trois marches de protestation menées en Alabama en 1965. Trois marches qui ont marqué la lutte des droits civiques des Afro-Américains aux États-Unis. D’autant qu’elles furent le point culminant du mouvement pour le droit de vote.

En effet, malgré le Civil Rights Act de 1964, l’inscription sur les listes électorales était rendue très difficile pour les électeurs afro-américains dans de nombreux Etats du sud, dont l’Alabama du fait de l’opposition des autorités comme celle du gouverneur George Wallace et d’associations racistes comme le Ku Klux Klan.

Le 26 février 1965, dans le cadre d’une manifestation pacifique contre les obstacles mis à l’inscription sur les listes électorales à Marion (Alabama), le militant Jimmie Lee Jackson est abattu par un policier. En réponse à cet événement, il est décidé de lancer une marche entre Selma et Montgomery.

Amelia Robinson qui fut avec son mari à l’initiative de la marche, a par la suite reçu le soutien de nombreux représentants du mouvement afro-américain des droits civiques à Selma, y compris Martin Luther King Jr., James Bevel et Hosea Williams.

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Le Bloody Sunday (dimanche sanglant), s’est produit le 7 mars 1965 lors de la première de ces marches, menée par Hosea Williams et John Lewis en l’absence de Martin Luther King; 600 manifestants pour les droits civiques quittent Selma pour tenter de rejoindre Montgomery, la capitale de l’Etat, afin de présenter leurs doléances au moyen d’une marche pacifique. Ils sont arrêtés au bout de quelques kilomètres au pont Edmund Pettus par la police locale, sous les ordres du Sheriff Jim Clark et une foule hostile qui les repoussent violemment à coup de matraques et de gaz lacrymogène. Près de 84 blessés ont été dénombrés.

Les images d’Amelia Robinson, tombée sous les coups des policiers, et inanimée sur le pont Edmund Pettus, feront le tour du monde.

La deuxième marche a eu lieu le mardi 9 mars 1965, en présence cette fois de Martin Luther King. Elle a été qualifiée de « turnaround Tuesday », car le cortège a fait demi-tour en arrivant sur le pont Edmund-Pettus.

À la suite de la seconde marche, trois pasteurs unitariens blancs, qui avaient répondu à l’appel de Martin Luther King, furent attaqués en pleine rue à Selma par des membres du Ku Klux Klan. Le pasteur James Reeb, originaire de Boston, est le plus sévèrement blessé des trois, et décédera deux jours plus tard de ses blessures à l’hôpital de Birmingham.

Seule la dernière marche est arrivée avec succès à Montgomery; 3 200 marcheurs partent de Selma le dimanche 21 mars, parcourant 20 km par jour et dormant dans les champs. Au moment où ils atteignent le capitole de Montgomery, le jeudi 25 mars, les marcheurs sont 25 000. Martin Luther King prononce alors le discours «How Long, Not Long» (Combien de Temps, Peu de Temps).

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Dans la nuit, Viola Liuzzo, militante blanche des droits civiques, est assassinée par le Ku Klux Klan alors qu’elle ramenait des marcheurs dans sa voiture. Elle avait assisté le 18 mars à une manifestation dans son université et avait appelé son mari pour lui dire qu’elle irait à Selma, car « c’est le combat de tout le monde ».

Moins de cinq mois plus tard, le président Lyndon B. Johnson signe le Voting Rights Act de 1965 interdisant les discriminations raciales dans l’exercice du droit de vote.