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HOPITAL SINO-GUINEEN : entre l’émotion des parents et les complaintes des victimes de l’accident de Timbo

Victimes d’un accident de la circulation à Timbo située à 50 km du centre administrative régional de Mamou, des joueurs et des encadreurs du club ‘‘Etoiles de Guinée’’ ont été transportés hier d’urgence à Conakry, notamment à l’hôpital Sino-guinéen, où ils reçoivent des soins intensifs. Afin de s’enquérir de leur état de santé et recueillir des témoignages des parents éplorés, était ce vendredi dans les locaux du centre hospitalier sino-guinéen sis à Kipé. Des témoignages des parents et des proches, il ressort un bilan de 11 morts dont 9 joueurs de l’équipe. Au-delà, certains formulent des accusations à l’endroit du personnel de l’hôpital sino-guinéen.  

Ce vendredi, le service des soins d’urgences de l’hôpital sino-guinéen était pris d’assaut par une foule de parents tous impatients d’avoir des nouvelles des leurs. Au bout d’une dizaine de minute, une femme en sorte, manifestement soulagée. De fait, la grande sœur d’une des victimes du drame de Timbo qui venait d’apprendre que son frère n’y est pas resté. « Il n’est pas mort, mais il est très atteint. Les médecins disent qu’il pourra s’en sortir. Il réclame à manger, il dit qu’il a faim», s’empresse-t-elle d’ailleurs de rendre compte aux autres parents qui l’attendaient. Aussitôt après, deux jeune – deux amis du jeune accidenté – s’en vont lui trouver à manger.

Dans les services de neurologie et de traumatologie, une dizaine de jeunes blessés sont repartis dans les différentes salles. Dans l’une d’elle, une victime encore sous le choc. Gravement blessé avec une double fracture au pied gauche, il est alité avec une poche lui servant d’urinoir. Après les présentations, il accepte de livrer son témoignage sous l’anonymat. En proie à une douleur qu’il décrit comme « atroce », il accepte néanmoins son témoignage sur un drame dont il portera certainement les séquelles à vie :

Nous étions précisément à Timbo dans Mamou. Le chauffeur roulait à vive allure et subitement, le frein à lâché. Notre entraineur qui était assis devant, à côté du chauffeur, a pris l’initiative de se jeter sur la direction et faire un coup de volant. Ainsi, nous nous sommes heurtés à des fagots de bois. Heureusement, il a eu le réflexe de prendre cette initiative, sans quoi, il n’y aurait aucun survivant dans ce véhicule car, on filait tout droit vers un ravin et je vous parie que s’était la mort assurée pour nous tous.

Le courage des femmes secouristes

Un autre témoin le dit clairement. D’une part, les femmes étaient de loin les plus nombreuses à venir prêter leur secours dès après le drame. Par ailleurs, elles auront fait montre d’un courage qui, avoue-t-il, l’a impressionné. « Lorsque l’accident s’est produit, les riverais se sont aussitôt précipités pour nous venir en aide. Mais j’ai été impressionné par le courage des femmes de cette localité. C’est vrai qu’il y avait des hommes parmi les secouristes mais les femmes étaient en nombre. Mieux, elles étaient engagées au même titre que les hommes. Elles sont vraiment courageuses ces femmes, je n’oublierai jamais ce courage dont elle on fait preuve» confie-t-il à sa sœur, venue à son chevet.

La peur bleue, de Mohamed Cissé, ami intime de l’une des victimes  

Mohamed Cissé, lui n’était pas au nombre des occupants du bus de Timbo. Mais il est autant touché par le drame. D’autant qu’il a failli y perdre son ami intime en la personne du jeune footballeur Salifou Sylla alias CR7. Quarante minutes chrono avant l’accident, il était en conversation téléphonique avec ce dernier. Puis, on lui annonce l’accident avec les nouvelles alarmantes à la clé. Même avec le recul, il garde tous les détails de la conversation qui aurait pu être la dernière avec son ami :

Il m’a appelé à 8 heures 52 mn et m’a dit d’aller dans sa famille pour récupérer 30.000 GNF afin de lui faire un dépôt sur son compte Orange money. Mais je n’avais même pas fait cette commission pour lui quand quelqu’un m’a annoncé que mon ami et son équipe ont fait un accident à Mamou et qu’il serait mort. Séance tenante, j’ai appelé son numéro, il était 9 heures 32 mn. Mais son téléphone était injoignable.  Je n’en revenais pas, je me refusais de croire que quelque chose pouvait lui arriver, alors qu’on venait à peine d’échanger. Comme je n’arrivais pas à me calmer, j’ai alerté une de nos connaissances qui avait des relations à Mamou, pour que celui-ci puisse nous permettre d’avoir un interlocuteur pouvant nous donner des nouvelles fiable sur l’accident. Mais heureusement, à la différence de beaucoup d’autres de ses coéquipiers, il s’en est sorti. Mais il a quelques blessures sur la main et le pied.

Accusations portées contre le personnel médical

Dans l’ensemble, les parents ainsi que les amis proches des victimes accusent le personnel médical d’avoir pris assez de temps avant d’intervenir. Accusation à laquelle Ibrahima Camara, directeur général du centre hospitalier sino-guinéen, répond avec une pointe d’agacement. « Vous pouvez le prendre comme ils vous l’on dit. Ce qui reste clair, nous nous étions là depuis hier à 12 heures jusqu’à 4 heures du matin. Donc, s’ils estiment que nous avons rien fait, d’accord. Mais retenez que le malade a toujours tendance à se plaindre, je n’ai pas d’autre commentaires à rajouter », déclare à notre micro, avant de s’éclipser.

Il est à rappeler qu’au moment où nous quittions les lieux, tous les joueurs de douleur au niveau du torse.

Ibrahima Kindi BARRY  

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