KANKAN/8 MARS : handicapées, mendiantes …hors fête !

A Kankan, l’effectif des femmes vivant de la mendicité, reste élevé, même si aucune étude n’est faite la-dessus. Au niveau des rond-points, devant les mosquées et les ménages, aux abords des marchés, elles sont toujours à la recherchent d’un bienfaiteur. A l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme, notre correspondant a rencontré  certaines d’entre elles. Il en résulte des témoignages qui interpellent la société.

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Rencontrée à tout hasard, Mariam Keita, handicapée, mère de 6 enfants et mendiante depuis plus de  sept ans, raconte : «  je suis veuve et j’ai des enfants. Depuis le décès de mon mari, les parents m’ont abandonnée avec les enfants. »  Trois  de ses membres paralysés, elle ajoute que son statut d’invalide ne lui donne aucune autre chance de survie à part la mendicité : « je ne peux exercer un métier. Donc, pour nourrir mes enfants, je fais recours aux bonnes volontés.»

Par jour, affirme-t-elle, son gain varie entre 10 000 et 20 000 GNF. Et préoccupée par le quotidien, elle dit ne pas être au courant de l’organisation de la journée internationale de ce 8 mars, pourtant dédiée à la femme. « La société a moins besoin de nous. Cette journée nous importe peu. Nos préoccupations restent le quotidien », se lamente-telle.

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Assise à la rentré de la grande mosquée, Bintou Sidibé, 30 ans,  n’a aucune idée de la tenue d’une fête des femmes ce dimanche 8 mars 2020. Elle a perdu la vue à bas âge. Aujourd’hui mariée à un homme qui n’a plus d’emploi, elle se croit obligée de pratiquer la mendicité : « j’ai 3 enfants.  Les 2 premiers  sont scolarisés. Je dois les entretenir avec l’aide des personnes de bonne volonté. »

Plus loin, elle se rappelle avoir été utilisée par les organisateurs d’une  fête nationale : « ils  se servent de nous pour se faire de l’argent. Nous avons passé toute une journée sous le soleil pour rien. »

Sollicitée, Maciré Touré, activiste de la société civile, regrette la vie de ces mendiantes : « une femme doit  aider son conjoint. Mais, prendre toute la famille en charge est difficile. Les parents des défunts  doivent contribuer. »

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A date, il n’existe pas de statistique réelle pour indiquer le nombre de femmes vivant dans la mendicité dans la région de Kankan. Toutefois, elles sont nombreuses dans tous les lieux publics, pendant que certaines sillonnent les foyers pour quémander.

Depuis Kankan Michel Yaradouno pour Ledjely. com

Tel: 620 997 057