GUINEE: l’Association des victimes du camp Boiro appelle à la fin de la violence

Entre des pratiques qui avaient prévalu sous la première république et celles qui en cours actuellement, dans la cadre notamment de la gestion de la contestation anti-nouvelle constitution, l’Association des victimes du camp Boiro voit des similitudes. Dans une déclaration rendue publique via la Maison de la presse, l’AVCB cite notamment les arrestations opérées, selonelle, par des commandos dont les membres sont cagoulés”. Autre marqueur de cette ressemblance, elle cite les détentions qui ont cours notamment au niveau du camp Soronkoni (Kankan). Et pour stopper la spirale, l’AVCB appelle à la fin de la violence. 

DELCLARATION

Nous sommes profondément choqués par les violences qui émaillent les marches du FNDC, des partis politiques ou lors des différentes élections survenues par le passé en Guinée. Ces violences nous rappellent les barbaries perpétrées par le régime de Sékou TOURE incarné par le sinistre Camp Boiro.

En effet, les arrestations actuelles,  réalisées par des commandos armés et cagoulés en dehors de toute légalité, bafouent les principes élémentaires des droits de l’homme en Guinée. Les personnes ainsi kidnappées sont conduites dans le redoutable camp de Soronkoni à Kankan, ou au camp Makambo à Boulbinet comme la période sombre du PDG pendant laquelle nos parents étaient conduits au Camp Boiro, au camp de Kindia ou dans d’autres centres de torture et d’emprisonnement éparpillés à travers la Guinée.

Dès lors, l’Association des Victimes des Camps Boiro « AVCB » voudrait par le présent appel, attirer l’attention du Gouvernement sur les conséquences graves des violences d’ÉTAT qui ont tant endeuillés de nombreuses familles. Notre association appelle à l’utilisation par les autorités de moyens conventionnels de maintien d’ordre, et dans le strict respect des droits des citoyens.

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Notre slogan « PLUS JAMAIS ÇÀ ! », martelé encore et encore depuis 1984, n’a jamais eu d’échos auprès des différents gouvernements qui se sont succédé depuis 1984. Au contraire, les crimes d’État sous la première république se sont poursuivis avec la deuxième république en 1985, 2006 et 2007, avec les militaires en 2009 et les tueries lors des marches des partis politiques depuis 2010. Si les gouvernants nous avaient écoutés, nous aurions pu éviter des centaines de victimes, essentiellement des jeunes.

De toute évidence, les promesses faites à l’AVCB sont tombées dans les oubliettes de l’Histoire ! Mais la mémoire collective retiendra que nos revendications ont toujours été :

  • La réhabilitation des victimes tuées sous le régime de Sékou TOURÉ,
  • L’identification et la restitution des charniers aux familles,
  • La finalisation de la mission d’identification et de déminage des sites abritant les charniers,
  • L’installation des stèles,
  • La poursuite des travaux de la commission de réflexion coiffée par nos sages religieux.

Comme le prône la communauté internationale, l’AVCB appelle au règlement de nos conflits par le dialogue. Tout conflit connait son épilogue autour d’une table de négociation. Pourquoi ne pas privilégier les rencontres permettant de trouver des solutions acceptées par les différentes parties ?

Enfin, l’AVCB interpelle les autorités afin de mettre en place une justice transitionnelle, une véritable conférence « Vérité, Justice et Réconciliation », seule capable de revisiter l’histoire des violences d’État en Guinée, d’établir des mécanismes et des responsabilités dans l’exécution de ces violences, d’apporter les solutions à même de réconcilier le Peuple avec ses gouvernants et chasser les pratiques de la Première République de la marche des affaires du pays.

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PLUS JAMAIS ÇÀ !

Bureau Exécutif de l’AVCB