JUSTICE: le PARJU à l’heure du bilan !

Hier, 11 et aujourd’hui 12 mars 2020, un atelier de capitalisation des acquis du Programme d’appui à la réforme du secteur de justice (PARJU) dans un complexe hôtelier de la place. Avec l’appui de l’ONG Terre des Homme (Tdh), la rencontre a pour vocation de faire l’inventaire des activités réalisées, d’en dresser les difficultés et de proposer des pistes de solutions.

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Au cours de la cérémonie d’ouverture, le représentant-pays de  Terre des Hommes (Tdh), David Bridier a mis à profit son intervention de circonstance, pour rappeler que l’objectif du programme PARJU avait pour objectif d’appuyer les efforts du gouvernement en matière de consolidation de l’Etat de droit,  de gouvernance, de promotion des principes démocratiques et de respect des droits humains, en particulier dans le domaine de la justice et de la lutte contre l’impunité. « Ce projet avait également pour ambition d’améliorer les conditions de vie des détenus des 9 plus grands établissements pénitentiaires pilotes du pays  à savoir, Conakry, Coyah, Boké, Kindia, Mamou, Labé, Kankan, Siguiri et N’zérékoré”, préciset-til. Il ajoute que que conformément à ces objectifs, des actions ont été menées  dans le cadre de la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires. »  Selon lui, un accent particulier a été mis sur l’amélioration des conditions de détention dans le quartier des femmes et des mineurs.  De même, indique-t-il, des effort ont été fournis dans le domaine de  la réinsertion socio-éducative et professionnelle des détenus :  « plus de 1000 jeunes ex-détenus ont bénéficié de ce programme.  Des cours d’alphabétisation, de remise à niveau et des modules sur les compétences de  la vie courante ont été dispensés aux détenus au sein des établissements pénitentiaires »

Plus loin, il note également l’appui du système judiciaire, avec notamment la formation de 75 magistrats à la fonction de juge d’application des peines qui leur permettra à terme de prononcer des peines alternatives pour les personnes condamnées et éviter des incarcérations pour des délits mineurs. « Terre des hommes a aussi contribué à la révision du code de l’enfant, validé le 3 décembre 2019 par  l’Assemblée nationale »,  souligne-t-il. Avant de relever au titre du même bilan, la réhabilitation et la construction  d’infirmeries dans les structures pénitentiaires et leur dotation en médicaments essentiels.

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Toutefois, David Bridier dit être conscient qu’il reste encore des défis à relever : «  après 3 ans , nous n’avons pas résolu tous les défis liés aux conditions de détention des détenus et  à la réinsertion socioprofessionnelle des ex-détenus. Il y a encore des points d’amélioration à apporter pour répondre aux besoins des détenus. »

Justement, le ministre de la Justice, Mamadou Lamine Fofana, quant à lui, a axé son intervention sur ces défis. « Même si aujourd’hui, nous pouvons être satisfaits des réalisations du projet, il convient de poursuivre ces efforts. Les  défis  sont de taille. »  Pour lui, il reste à répondre à un certain nombre de questions dont, entre autres:

  • Comment assurer la maintenance et l’entretien des ouvrages réalisés au cours du projet et poursuivre ses efforts au sein de toutes les prisons en Guinée ?
  • Comment garantir la réduction des effectifs des prisons qui sont systématiquement saturées à cause des détentions préventives ?
  • Comment répondre à la problématique de  la santé et de l’hygiène au sein de nos prisons ?
  • Comment permettre aux détenus de se créer  un avenir au sain de notre société en devenant des acteurs économiques et sociaux a leurs sorties?

Des questions dont la réponse appellent à poursuivre les efforts et peut-être à initier d’autres programmes pour y faire face.

 Mariam Ciré Diallo