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UN EX-DETENU A SORONKONI TEMOIGNE : « Nous étions détenus à 40 dans une cellule qui fait la taille d’une chambrette »

Après la libération dans la nuit de samedi à dimanche d’une quarantaine de jeunes ayant récemment séjourné dans le camp de Soronkoni, une quinzaine d’entre eux ont été présentés ce lundi au siège de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). A l’occasion, quelques-uns ont témoigné de conditions d’arrestations et de détention particulièrement difficiles. Outre les médias, la cérémonie a connu la présence de représentants d’institutions de défense des droits humains de la place.

Interpellé le 11 février 2020, à Koloma marché, dans la commune de Ratoma, aux environs de 22 heures par une patrouille de la gendarmerie, Mamadou Madina Diallo, 28 ans est l’un des ex-détenus du camp de Soronkoni. Ne comprenant toujours pas les raisons de son arrestation, il estime avoir été soumis à des conditions de détention inhumaines. «Lorsqu’on nous a arrêtés, ils nous ont fait faire le tour de Conakry, de commissariat en commissariat pendant deux jours avant de nous transporter au camp de Soronkoni. (…) Nous avons été enfermés à 40 dans une cellule qui fait la taille d’une chambrette, la chaleur était insupportable. C’est à l’intérieur qu’ont faisait tous nos besoins dans des petits bidons d’un litre coupés en deux. C’est à nous aussi qu’ils confiaient tous les travaux du camps notamment puiser des bidons d’eau », explique-t-il.

Ousmane Sylla est aussi du groupe. Âgé de 45 ans, il décrit des conditions d’arrestation similaires. Il se rappelle, quant à lui, que : « de notre arrestation à Conakry, jusqu’à notre arrivée Soronkoni, ils nous ont donné ni à boire, ni à manger ». Encore que l’alimentation qui leur était servie dans le camp ne suffisait pas. «Durant toute notre détention, on nous servait à manger dans un petit bol. Ce qui fait que quelques-uns ne parvenaient même pas à gagner une poignée de riz »

En outre, tous les témoignages sur le fait que le seul reproche qui leur aura été notifié, c’est le fait qu’ils seraient opposés au régime actuel. En revanche, ils admettent n’avoir subi aucune forme de torture. Par ailleurs, les biens qui étaient sur eux n’ont pas été dérobés.

Pour autant, un activiste des droits humains qui a pris part à la présentation trouve de nombreux droits des jeunes ont été violés à l’occasion. Cela va, selon lui, des conditions d’arrestation à celles de la détention. Il pense en conséquence que les intéressés ont droit à des mesures de réparation.

Ibrahima Kindi BARRY

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