EXCLUSIF : un cas de fièvre Lassa diagnostiqué en Guinée

Le 19 mars 2020, les examens d’un patient admis six jours plus tôt à l’hôpital préfectoral de Guéckédou, ont confirmé un cas de fièvre hémorragique au virus Lassa. L’intéressé, un marchand de 56 ans, avait cependant quitté l’hôpital pour se rendre à Conakry où il a été pris en charge notamment au CMC de Ratoma. L’investigation menée à la suite de la confirmation de son cas a mis en évidence 64 contacts dont 4 à haut risque.

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Les autorités sanitaires de la région de N’zérékoré disent n’en avoir pas entendu parler. Mais Dr. Sakoba Keïta, le Directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) l’admet, quant à lui. « Oui, c’est vrai que cela remonte à deux semaines. Nous sommes mêmes allé faire l’investigation dont les résultats se trouvent dans notre bulletin relayé sur notre site ». Sauf que sur le site en question, aucun bulletin de ce genre.

Par contre, dans un rapport d’investigation que nous avons pu parcourir, on peut lire : « en date du 13 mars 2020, un sujet masculin de 56 ans, marchand de profession et résidant à Guéckedou centre  était reçu à l’Hôpital préfectoral de Guéckedou pour fièvre, toux, céphalées, vertiges et polyuries persistants avec perte de poids. Après un bilan sérologique négatif au VIH, un test pour les maladies hémorragiques virales a été réalisé le 19 mars 2020 au laboratoire de diagnostic des fièvres hémorragiques virales de Guéckedou et révélé positif à la fièvre Lassa ».

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Seulement, avant que les examens pratiqués sur les prélèvements ne rendent leur verdict, le patient, contre avis médical, avait dès le 14 mars 2020, quitté Guéckédou pour se rendre à Conakry. Une fois dans la capitale guinéenne, il a pris la direction du CMC de Ratoma en vue d’y poursuivre les soins qu’il avait commencés à Guéckédou. Un périple qui aura particulièrement rallongé la liste des contacts. Car outre sa famille restreinte, sise dans le quartier Gnalenko (Guéckédou) dans laquelle 4 contacts qualifiés de « haut risque » ont été identifiés, on a ceux qui l’ont pris en charge dans les hôpitaux de Guéckédou et de Ratoma, ceux qu’il a côtoyés à la gare routière de Guéckédou et ceux avec lesquels il a fait le voyage, entre autres. Au total, l’investigation dénombre 64 contacts dont 25 dans les formations sanitaires et 39 dans la communauté. Des contacts parmi lesquels, comme nous le disions, 4 identifiés comme étant à haut risque. Mais heureusement, aucun cas suspect, aucun probable.

Ce qui amène les auteurs du rapport d’investigation à conclure qu’à la lumière des « informations disponibles au terme de notre investigation et en attendant les résultats des prélèvements des contacts à haut risque, nous affirmons sous réserve,  qu’il n’existe pas une flambée de fièvre Lassa dans la commune urbaine de Guéckedou et que le présent cas confirmé serait un cas isolé ».

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A noter que selon une notice de l’OMS, la fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale aiguë d’une durée d’une à quatre semaines qui sévit en Afrique occidentale. Le virus de Lassa se transmet à l’homme par contact avec des aliments ou des articles ménagers contaminés par l’urine ou les excréments de rongeurs. La transmission interhumaine et en laboratoire se produit également, en particulier dans les hôpitaux où les mesures de prévention et de lutte anti-infectieuse laissent à désirer. La fièvre de Lassa est endémique au Bénin, au Ghana, en Guinée, au Libéria, au Mali, en Sierra Leone et au Nigéria, mais elle est sans doute présente aussi dans d’autres pays d’Afrique occidentale. Le taux global de létalité est de 1%. Celui des patients atteints de formes sévères peut atteindre 15% en milieu hospitalier. Des soins de soutien précoces, axés sur la réhydratation et le traitement symptomatique, améliorent les chances de survie.

La rédaction