N’ZEREKORE : les kits d’hygiène, hors de prix

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’est une véritable économie qui a germé dans le sillage de la pandémie du coronavirus. Une économie essentiellement bâtie autour de la forte demande des kits d’hygiène (kits de lavage de mains, gel hydroalcoolique, gants ou encore masques). Des kits dont les prix ont subitement flambé depuis quelques semaines. Au point de l’autre côté de la chaîne, les activités tournant au ralenti, certains citoyens peinent à se procurer les précieux sésames pourtant vivement recommandés à la fois par les professionnels de la santé et les autorités. Notre correspondant régional a fait le constat à N’zérékoré, la capitale de la région sud du pays.   

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« Je suis venu pour acheter un kit afin de le placer à la maison, mais là je ne me retrouve pas », avoue volontiers Foromo Kolié, que nous avons croisé au rond-point du grand marché de N’zérékoré. A en croire Kolié, par endroit les prix sont décuplés du simple au double. Par exemple, dit-il, « les sceaux simples qu’on avait l’habitude d’acheter à 15 000 GNF sont vendus aujourd’hui entre 25 à 30 000 GNF. Et quant à ceux avec le dispositif du robinet intégré,  on nous les propose à entre 55 à 65 000 GNF ». Face à cette réalité, Kolié prend vite sa décision : « Puisqu’il en est ainsi, je vais me trouver un petit bidon d’un litre pour placer ça chez moi ». Aussitôt, il tourne le dos pour reprendre le chemin de retour à son domicile.

Du côté des commerçants, on se défend pourtant de faire dans une spéculation fantaisiste. La hausse des prix s’explique bel et bien selon N’nah Fanta, vendeuse au rond point du grand marché de N’Zérékoré. « Actuellement, le transport coûte cher et même nous avons toutes les difficultés à trouver des véhicules le transport de nos marchandises ». Par ailleurs, en raison de la forte demande, la préparation du kit de lavage des mains nécessiterait des dépenses supplémentaires. « Pour les sceaux avec robinet, qu’on sache que nous devons acheter ce câble de raccordement à part. Nous achetons également la colle. Enfin, nous payons des jeunes pour nous monter tout le dispositif. C’est ce qui fait que c’est cher », explique-t-elle.

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La situation est telle que l’administrateur central du grand marché de N’Zérékoré en est lui-même préoccupé. Moïse Sagno interpelle à propos de la chambre de commerce et plus généralement les autorités.  « La chambre de commerce doit prendre des dispositions parce que les opérateurs économiques au niveau national avaient promis au gouvernement qu’il y avait un stock de 6 mois. Et que le prix des kits n’allait pas augmenter. Malheureusement, aujourd’hui, la réalité est toute autre. Je demande aux autorités de s’y mettre pour permettre aux citoyens d’avoir ces kits », plaide-t-il.

En guise de réponse à cette interpellation, le président de la chambre préfectorale de commerce dit avoir mis son équipe en alerte. « Ce matin, j’étais en réunion avec les membres de mon bureau sur ça. C’est une question de santé publique, et tout le monde n’a pas les mêmes moyens. Nous devons tous avoir cela en tête. J’ai mis une équipe sur place qui va enquêter sur ces prix. Quiconque sera pris dans ça va subir la rigueur de la loi », menace ainsi Amara Camara.

Niouma Lazare Kamano, correspondant pour ledjely.com

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