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PLAN DE RIPOSTE ANTI-COVID-19 : comment comprendre les mesures sociales annoncées par le PM ?

A l’instar de nombreux Etats à travers le monde, le premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, a rendu public ce lundi 6 avril 2020, le plan d’urgence de riposte contre la pandémie du coronavirus. Un plan de riposte assorti d’une batterie de mesures destinées à soutenir le secteur de la santé, celui des acteurs économiques, mais aussi les populations dans leur ensemble. Avec un budget estimé à 2500 milliards GNF, ledit plan prévoit notamment dans son volet social le blocage des loyers sur les bâtiments publics et privés sur une certaine période, le gel des prix des denrées de première nécessité ou encore la gratuité des transports publics pour une période de trois mois. Des mesures qui, si elles traduisent bien la volonté des autorités d’accompagner le citoyen lambda dans cette difficile période marquée par le Covid-19, risquent tout de même d’être d’un impact somme toute limité. D’autant que dans de nombreux cas, le défi de leur effectivité sera difficile à relever.

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La première mesure se rapportant à ce volet social concerne le plan d’urgence de l’ANIES. Il est d’un montant global de 439 milliards GNF. Ce plan, tel que décliné par le chef du gouvernement se décompose en trois phases. Les deux premières vont davantage porter sur le renforcement du mécanisme de prévention via une accentuation de la sensibilisation, la mise à disposition généralisée des kits de protection auprès des populations à risque et une opération d’hygiène et d’assainissement notamment de la ville de Conakry. Cette dernière opération va nécessiter l’emploi de jeunes et des femmes qui seront rétribuées en contrepartie des activités qui leur seront confiées. La dernière phase, quant à elle, se rapportera au déploiement de l’opération de transferts monétaires en direction des 240.000 ménages précaires dans les zones pilotes.

Dans le cadre de ce même volet social, les autorités ont décidé du report des échéances de paiement des factures d’eau et d’électricité d’avril à juin, pour l’ensemble des abonnés non commerciaux, autrement les ménages ordinaires. Les montants qu’ils devaient payer au titre des factures d’eau et d’électricité pendant ce trimestre, les ménages peuvent donc les orienter vers d’autres besoins qui leur semblent plus prioritaires. Et si au terme de cette période, il se trouve que le pays a réussi inverser la courbe de la maladie, des facilités pourraient être mises en place pour permettre aux uns et autres d’éponger les arriérés de factures.

Par la voix du PM, le gouvernement annonce également le gel des prix des denrées de première nécessité pour toute la durée de la crise sanitaire. Mais cette mesure risque de résoudre à sa dimension « effet d’annonce ». D’abord, parce que par le passé, ce type de promesse a été notamment servi à la veille du mois de ramadan. Mais les commerçants sont toujours passés outre. Le problème de fait, c’est que dans un pays dont le secteur commercial est pris en otage par l’informel, l’Etat n’a pratiquement aucun mécanisme lui permettant de garantir le respect des mesures qu’il édicte en particulier par rapport aux prix des denrées. D’autant que la baisse du prix du carburant n’aura eu aucun impact sur les frais de transports.

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L’Etat risque de se heurter au même problème par rapport à sa promesse de bloquer les loyers sur les bâtiments publics et privés pour la période d’avril à décembre. Encore qu’il convient de préciser que blocage ne veut pas dire suspension. Autrement, l’annonce du premier ministre ne veut nullement dire que les propriétaires des maisons ne vont pas réclamer les loyers à la fin du mois d’avril. En théorie, il leur est interdit de revoir à la hausse ledit loyer pendant la période d’avril à décembre. Il faut dire que ce n’était pas la principale attente des Guinéens. Mais à supposer que tout le monde ait compris la mesure annoncée par le chef du gouvernement, qu’est-ce qui garantit que les propriétaires des bâtiments privés vont s’y confirmer ? Absolument rien ! Dans la conscience collective du Guinéen ordinaire, l’Etat n’est pas présent dans la gestion du loyer. Tout se passe entre propriétaire et locataire. Même le rôle, dévolu ailleurs aux agences immobilières, se trouve vite expédié par des démarcheurs peu scrupuleux. Bref, là aussi, c’est la loi de l’informel.

Enfin, le gouvernement annonce la gratuité des transports publics (bus et train). Quand on connait la portion plutôt congrue qu’occupe le secteur des transports publics en Guinée, on se convainc que cette mesure est davantage de l’ordre du symbolique. Tout d’abord, les bus de transport publics se limitent essentiellement à Conakry. Encore que même dans cette capitale, les citoyens empruntent surtout les taxis (privés) et les motos pour vaquer à leurs activités. Quant au train, on n’en a qu’un seul. Il y a que cependant même dans ces bus et ce train, en raison de la distance qu’il faut observer en cette période de crise sanitaire, le nombre de passagers devra être limité. D’ailleurs, il est craindre qu’en raison de l’annonce de la gratuité de ces deux engins, les gens en viennent à oublier la préconisation relative à la distance sociale.

Gilles Mory Condé

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