[TRIBUNE]: HOMO AFRICANUS face aux génocides financiers mondiaux

  1. Je dis que L’occident est une bulle d’air conditionnée par la main sur sa Monnaie

Les idées de Keynes aux États-Unis en 1930  concluaient qu’un soutien énergique de la demande solvable était nécessaire pour éviter une longue période de marasme économique et de déflation.

Depuis, il suffit d’une crise de 1 mois pour injecter des coups de milliards de liquidités dans l’économie et creuser des déficits  pour sauver des entreprises et des millions d’emplois. Le contribuable viendra toujours au service du capital pour les pertes, qu’il soit responsable ou pas.

Nous savons désormais  pour que le système financier du monde s’effondre : il suffit que les banques  manquent de liquidités ; stoppent les crédits aux entreprises et que les épargnants  en panique courent derrière les guichets pour récupérer leur épargne en masse.

Tout  commence en 1979 par la politique monétaire rigoureuse de Paul Volker à la FED  qui stabilise les salaires réels ; réduit le cout des emprunts  et accroit l’espérance des plus values sur les actifs. Ce processus s’étend au financement des entreprises sous forme de LBO.

L’Amérique donne au  monde une formule de vie  en remplaçant les revenus et leur augmentation par les emprunts aux banques en misant sur la hausse continue des cours boursiers et des actifs immobiliers. Cela a fonctionné pendant 30 ans jusqu’en 2009. Enfin, le credo du capitalisme et son imaginaire collectif : il y aura toujours de la croissance ; elle est infinie et demain sera toujours meilleur. Prêtons aux ménages et aux entreprises.Je rappelle que le ratio (prêts à l’économie/PIB)  dépasse parfois les 100/100  dans certains pays en occident alors qu’il est à peine 20/100 en zone CFA en Afrique.

Les banques américaines qui voyaient le danger ont refusé de porter le risque final du système. Elles inventent donc la titrisation de ces emprunts pour les transférer à tout l’écosystème de la finance mondiale. Sans se préoccuper  de fonds propres en cas de défaillance des emprunts, elles regroupent les crédits en paquets dans des produits structures gages sur les actifs ABS (assets based Securities)  et les produits dérivés CDO (collatéral debt obligations).

La  crise des surprimes qui a failli effondrer le capitalisme financier  mondial  a révélé au monde que personne ne contrôlait  rien du boomerang  et que les Américains qui contrôlent  l’INTERNATIONAL STANDARD ACCOUNTING BOARD avec ses normes IFRS  inventent des règles  avec des prêts hors bilan  quand cela  arrange leurs banques. Le système financier avait intérêt  à ce que le système des prêts et des dettes à effet levier se développe pour en tirer le maximum de bonus et de profits  sans que les fonds propres aient augmenté dans les mêmes proportions.

Les accords de BALE ne sont pas appliqués en Amérique et contournés en Europe. Les banques se sentent totalement protégées par les contribuables et prennent de plus en plus de risques avec leurs traders.

Elles transfèrent ces paris sur l’avenir de la valeur des actifs aux géants financiers du monde (banques, fonds de pensions, investissement) attirant dans l’économie américaine  des capitaux du reste du monde avec comme conséquence la baisse des  taux d’intérêts et la hausse des prix immobiliers. Pour se couvrir contre ces risques ; la finance invente  les CDS (crédits default swaps)  comme étant des primes d’assurances transférables aussi. Le commerce de ces produits dérivés et leur spéculation fournissent aux banques des profits considérables faisant tripler le Revenu national américain.

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Au lieu que les banques occidentales  orientent l’épargne dans  les investissements de l’économie réelle, elles se livrent à la spéculation pour leur propre compte avec l’argent de leurs épargnants, faisant plus de profits et distribuant au passage de gros bonus  pour leurs cadres.

La  demande des ménages américains augmente  malgré des salaires réels stables et ils n’épargnent plus. Ils s’endettent et achètent des produits chinois. Lesquels achètent des matières premières à l’Afrique et au reste du monde. La croissance de l’Afrique dépend de ces matières premières.

A la crise des subprimes en Occident par chance,  le capitaine aux commandes de la Réserve fédérale américaine (Fed) aura été Ben Bernanke, brillant universitaire et spécialiste des politiques monétaires menées avant et après le « jeudi noir » d’octobre 1929.Il en a tiré toutes les conséquences pour dégainer un arsenal de mesures « non conventionnelles » afin d’extirper l’économie américaine de la spirale d’effondrement qui la guettait, permettant d’empêcher l’implosion du système financier et de financer la politique de relance de l’administration Obama tout en maintenant de bas taux d’intérêt.

Ancien dirigeant du département d’économie à l’université de Princeton (New Jersey), M. Bernanke a produit de nombreuses recherches mettant en évidence le rôle délétère de la politique monétaire restrictive menée par la Fed dans la crise des années 1930, et sa mauvaise réaction face à l’effondrement du crédit à la suite de l’explosion de la bulle spéculative de 1929. Ses travaux sont notamment rassemblés dans son livre paru en 2000 : Essays on the Great Dépression (Princeton University Press).

Dans un discours prononcé le 2 mars 2004 à la conférence H. Parker Willis de la Washington and Lee University à Lexington (Virginie), M. Bernanke parlait ainsi du passé, mais également de son action future : « En permettant des baisses persistantes de la masse monétaire et du niveau des prix, la Réserve fédérale, à la fin des années 1920 et des années 1930, a déstabilisé fortement l’économie américaine et, par le fonctionnement de l’étalon-or, les économies de nombreuses autres nations. »

Comme la production réelle et les prix, l’offre de monnaie a diminué d’environ un tiers aux Etats-Unis entre 1929 et 1933. La Fed a procédé à des hausses de taux d’intérêt à contre-temps et n’a infléchi qu’insuffisamment, sous la pression du Congrès, sa position sur l’offre de monnaie aux banques en 1932  »,  (journal le monde).

Ainsi, en mars 2009, la FED décide de racheter tous les titres que les banques américaines  leur présenteront sans en discuter le prix et sans que le congrès et l’opinion publique ne sachent quoique que ce soit des bénéficiaires finaux de ces largesses ponctionnées sur le contribuable.

En avril 2009, une réunion du G20 n’aura aucun impact réel sur le contrôle de l’endettement (la spéculation  et l’augmentation de fonds propres avec de l’argent réel).

Au  contraire, elles obtiennent une réforme des règles de l’agence comptable américaine  de surévaluer la valeur des produits toxiques au marked-  to- model par rapport à celle du marché.

Elles réévaluent fictivement leurs fonds  propres constitués en partie par ces paquets de produits toxiques en espérant sur  la remontée prochaine de leurs cours, cachant ainsi  comptablement des pertes devenues des gains….on a donc dissipé la crise sans aucune solution. Comme qui dirait gérer une épidémie Ebola sans en trouver le vaccin. On stoppe la propagation mais tous les foyers du virus non éliminés et l’histoire de RD CONGO montre qu’Ebola revient un jour.

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Gouvernements, banques centrales, agences de notation, banques, assurances, fonds de pension et d’investissement… tout le monde est compromis et un génocide financier est en cours car si la bulle a été dissipée par la FED, par contre, aucune solution durable n’a été  élaborée  OU prise ni par le G20, ni FMI encore moins par la  BM, IASB et IAA. On parle pourtant  même de moralisation du capitalisme financier.

On passe du mark-to –maket au marked –to-model  dans le pricing des produits structurés pour  contourner l’augmentation des fonds propres des banques américaines.

Lors de la crise sanitaire mondiale du coronavirus covid-19  ….Les mêmes règles de sauvetage !

‘’Coface procède à une révision drastique de ses calculs. En effet, dans ses prévisions de janvier, l’expert en assurance-crédit envisageait une augmentation de seulement 2% des défaillances d’entreprises. Tous les pays ne sont pas sur un pied d’égalité face à cette crise. Les faillites en France pourraient augmenter de 15%.

L’Eurogroupe  procède  à la mobilisation du Mécanisme européen de stabilité (MES) . Ce fonds capable de prêter jusqu’à 410 milliards d’euros va débloquer une capacité de crédit à l’égard de tous les pays de la zone euro, d’une valeur cumulée de 240 milliards d’euros, soit 2% du PIB de la zone. Tout pays de la zone euro sera fondé à solliciter cette aide, moyennant des conditions assez limitées, renvoyant essentiellement à la nécessité d’utiliser les fonds pour la lutte « directe et indirecte » contre le coronavirus.

Le renforcement de la Banque européenne d’investissement

En mobilisant conjointement des garanties additionnelles de 25 milliards d’euros, les Etats-membres de l’Union européenne entendent augmenter la capacité de crédit de la BEI de 200 milliards d’euros.

Les   crises créent  le chômage et la chute des cours boursiers et la valeur des patrimoines financiers  dans les pays occidentaux et affecte les transferts des migrants vers les pays pauvres, les chutes drastiques de leurs rentes pétrolières, investissements étrangers directs, plongeant ainsi ces pays dans une extrême pauvreté. Les déficits publics des pays occidentaux   du Mexique et  du japon  triplent fin 2008.

2. Je dis que Notre Keynes africain : Joseph  pouemi avait raison sur le FCFA.

 L’économiste camerounais Joseph Tchundjang Pouemi a regagné le Cameroun le 21 octobre 1967 sitôt sa thèse soutenue pour se mettre au service de la Nation. Il a été enseignant, conseiller économique, il a quitté le Cameroun pour se mettre au service du président ivoirien et ce pendant deux ans c’est-à-dire de 1975 à 1977.

En 1980, la publication de l’ouvrage ‘’Monnaie, servitude et liberté./La répression monétaire de l’Afrique’’, provoque quelques remous chez les défenseurs du franc CFA qui, tout en le critiquant, reconnaissent que son auteur, Joseph Tchundjang Pouemi, est un « universitaire brillant». Près de quarante ans après sa parution, ce livre, œuvre d’un esprit original, reste d’une étonnante actualité.L’économiste camerounais l’aborde plutôt comme l’exemple de monnaie coloniale le plus paradigmatique et le plus violent du point de vue de ses effets économiques. Le franc CFA est une « chimère », « une créature de l’État français », qui n’est « que le franc français lui-même », « le franc français cent pour cent », insiste Joseph Tchundjang Pouemi, qui interprète le maintien du franc CFA comme un choix politique, antiéconomique, de sacrifier l’avenir des Africains d’aujourd’hui et de demain au nom du passé. Car selon lui, le franc CFA est un dispositif de valorisation économique coloniale : il n’a pas été conçu en vue de stimuler l’accroissement des forces productives en Afrique. C’est un système qui prive les acteurs économiques africains de l’accès au crédit tant qu’ils ne s’inscrivent pas dans le schéma d’accumulation coloniale reposant d’un côté sur la production des matières premières destinées à l’exportation, et de l’autre sur la consommation de produits importés de la métropole.

Selon Joseph Tchundjang Pouemi, la dépendance monétaire est le socle des autres formes de dépendances. D’où son plaidoyer en faveur d’une libération monétaire au bénéfice des populations.« [L]’Afrique se fera par la monnaie ou ne se fera pas » : tels sont les mots qui concluent son ouvrage magistral. (Source  le Franc CFA une arme invisible de la FrancAfrique).

La  monnaie n’est pas neutre dans le développement et la résilience face aux catastrophes.

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Bref , le CFA  est une subvention aux importations et une taxe aux exportations. Avec le CFA, il n’y aura pas de développement  car il n’y a pas de financement de l’économie alors que le capitalisme a commencé par  accompagner les PME avec des crédits même pour payer des salaires. Sans  le CFA,  certes le développement aussi n’est pas garanti dans la mauvaise gouvernance  mais le CFranxit est nécessaire comme je l’explique dans mon livre Afroarcheofuturisme.

Les pays africains commencent à comprendre le jeu  avec les plans de riposte économiques et des demandes d’annulation des dettes bi-et multilatérales.

Il  faut  avoir la main sur notre Monnaie. il y a plusieurs manières de le faire et le modèle de l’euro  n’est pas nécessairement le meilleur. On peut avoir une monnaie commune l’Eco  en gardant les monnaies nationales.

Au début des années 1970,  l’économiste  Samir Amin avait avancé une proposition dans ce sens au niveau de l’Afrique de l’Ouest en recommandant une stratégie en trois étapes. Première étape : le franc CFA est maintenu, mais le compte d’opérations est abandonné au profit de comptes d’avances. Un fonds commun de financement du développement est mis sur pied comme « instrument d’intégration économique » chargé de « corriger les déséquilibres structurels ». Il gère une partie des réserves extérieures des États membres et une partie des concours des banques centrales aux Trésors nationaux. Deuxième étape : les pays anglophones sont intégrés et les parités entre leurs monnaies et le franc CFA sont déterminées. Une nouvelle union monétaire est créée. Elle exerce un contrôle des changes seulement vis-à-vis de l’extérieur et pas en son sein. Les pays anglophones adhèrent au fonds commun. Enfin, troisième étape : les pays francophones mettent en place des monnaies nationales liées entre elles selon une parité fixe et gérées par des banques centrales nationales qui appuient les efforts de développement des Trésors nationaux.

La solidarité panafricaine doit passer par cette monnaie s’il doit y en avoir une.

Les occidentaux ont toujours depuis Keynes utilisé la monnaie pour se tirer d’affaires.

Alpha  BALDE  Mamoudou

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