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GUINEE: la coalition TLP exige la libération d’Oumar Sylla « Foniké Menguè »

Oumar Sylla alias « Foniké Menguè » reçoit le soutien de la Coalition Tournons La Page (TLP). Ce mouvement qui milite pour l’alternance démocratique s’indigne de l’arrestation et de la détention du leader du Front national pour la défense de la constitution (FNDC). En conséquence, il dit exiger sa libération, et au-delà, invite les autorités guinéennes à faire cesser le harcèlement auquel, selon l’ONG, elles ont toujours soumis les acteurs critiques à l’encontre du régime en place. 

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Vendredi 17 avril 2020, Oumar SYLLA dit « Foniké Mangué », coordinateur national adjoint de Tournons la Page-Guinée, responsable des antennes et de la mobilisation du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), a été arrêté à son domicile, à Conakry, par des policiers.  Oumar SYLLA a d’abord été conduit au siège des services de renseignements généraux, puis transféré samedi à la Direction centrale de la police judiciaire par la Brigade de répression du banditisme (BRB). A ce jour, il n’a toujours pas été informé des faits qui lui sont reprochés et n’a pas eu accès à son avocat. Tournons La Page dénonce cette arrestation arbitraire qui rappelle qu’en Guinée, malgré la multiplication des cas de COVID-19, le régime d’Alpha Condé n’a qu’une priorité : réprimer les voix critiques pour se maintenir au pouvoir.

Vendredi 17 avril 2020,  aux alentours de 14h00, Oumar SYLLA, un des leaders du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), a été arrêté à son domicile à Commandanya, dans la banlieue de Conakry, une heure après avoir participé à l’émission de grande écoute « Les Grandes Gueules », sur Radio Espace FM, au cours de laquelle il a dénoncé les arrestations arbitraires, les exactions survenues dans la ville de N’Zérékoré le 22 mars 2020 et a pointé du doigt la responsabilité de figures de premier plan du régime d’Alpha Condé. Au cours de cette émission, il a également appelé les sympathisants et partisans du FNDC à reprendre la mobilisation contre la réforme constitutionnelle du Président Alpha CONDÉ, votée par référendum le 22 mars dernier. Ce vote, contesté par l’opposition, a fait l’objet de nombreuses irrégularités : outre le fichier électoral comportant quelques 2,5 millions d’électeurs fictifs, le scrutin s’est déroulé à huis clos, sans observateurs indépendants de la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union Africaine (UA) et suivi d’une répression féroce.

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L’arrestation d’Oumar SYLLA s’inscrit dans une vague de répression inédite depuis 2010, visant à  étouffer les leaders de la contestation contre un 3e mandat du Président Condé. En effet, d’autres acteurs de la société civile, Ibrahima DIALLO, coordinateur de Tournons la Page-Guinée, et Sékou KOUNDOUNO, coordinateur de Balai citoyen-Guinée et membre de la coordination de TLP, ont eux aussi été arrêtés et inculpés le 6 mars dernier à leur domicile, aux motifs falsifiés d’« outrage à agent », de « violence et voies de faits » et de « production, diffusion et mise à disposition d’autrui de données de nature à troubler la sécurité publique ou à porter atteinte à la dignité humain ». Depuis leur libération le 13 mars 2020, Ibrahima DIALLO est placé sous contrôle judiciaire à partir du 13 mars 2020 et continuellement surveillé par des policiers en civils  et son domicile encerclé par des pick-up des Forces de Défense et de Sécurité (FDS).

Face à cette situation, Tournons la Page exige des autorités et du gouvernement  guinéens :

  • La libération immédiate d’Oumar SYLLA et appelle à faire cesser immédiatement les menaces qui pèsent sur les acteurs de la société civile en République de Guinée.
  • Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre d’Oumar SYLLA, de Sékou KOUNDOUNO et d’Ibrahima DIALLO, ainsi qu’à tous les autres défenseurs des droits humains et à garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de l’ensemble des acteurs de la société civile afin qu’ils puissent mener leur activité de défense des droits humains librement et sans entrave ;
  • Se conformer aux normes internationales en vigueur relatives aux conditions dérogatoires d’exception permises, notamment au Pacte international sur les droits civils et politiques, à la Déclaration universelle des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998 et aux instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par la République de Guinée.

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Enfin, la communauté internationale – en premier la CEDEAO, l’UE et ses Etats-membres – ne doit pas fermer les yeux sur l’instabilité politique et sociale qu’engendrent les violations répétées des droits fondamentaux en Guinée.

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