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Reprendre la main ou se résoudre à partir, Kassory Fofana doit faire un choix

Des deux années qu’il a quasiment passées à la primature, Ibrahima Kassory Fofana vient de vivre les quarante-huit heures les plus inconfortables. Certes, il est unanimement admis que le premier ministre qu’il est n’a jamais eu une prise absolue sur la totalité des membres de son gouvernement. Mais la défiance à laquelle il fait face depuis le début de cette semaine est sans précédent. Son autorité et sa crédibilité sont soumises à rude épreuve. A tel point qu’il ne lui reste plus qu’une alternative : restaurer son autorité bafouée ou se barrer…

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Débuts laborieux

C’est le 21 mai 2018 qu’Ibrahima Kassory Fofana est nommé au poste de premier ministre, chef du gouvernement, en remplacement de Mamady Youla. Il arrive alors auréolé du portrait d’un cadre charismatique et dont le sens du management et l’autorité permettraient d’obtenir des différents ministres de meilleurs résultats. Mais dès la publication, le 26 mai, de la liste des membres de son gouvernement, au sein de l’opinion publique, on émet des doutes. En effet, des 34 ministres qui sont nommés, on en a très peu qui aient été proposés par le nouveau premier ministre. Il se dit même qu’Alpha Condé lui a remis un ‘’gouvernement clé en main’’. Pour Kassory Fofana, les débuts sont même si laborieux qu’un des membres du gouvernement, en l’occurrence Oyé Guilavogui, s’autorise à refuser le poste de ministre de l’Elevage qui lui est proposé. En dépit de ces débuts poussifs, on s’accorde à reconnaître cependant que jusqu’à ces dernières semaines, le chef du gouvernement maitrisait globalement le navire. Bien sûr, entre temps, Khalifa Gassama Diaby, Cheick Sako et Abdoulaye Yéro Baldé en sont descendus. Mais le commandant de bord avait jusqu’ici réussi à faire régner un minimum de discipline dans sa barque. Y compris pendant ces six derniers mois où la mer a été très agitée, dans le sillage de la contestation de la nouvelle constitution.

La défiance à tous les étages

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Mais paradoxalement, depuis le double scrutin du 22 mars 2020 et l’adoption conséquente de la nouvelle constitution, le sommeil de Kassory Fofana reste perturbé. Il fait de plus en plus face à une fronde de la part de certains de ses collaborateurs. Au-delà, dans les rangs du parti au pouvoir qui ne l’avait adopté que du bout des lèvres, on le renie de plus en plus ouvertement. Or, en Basse Guinée, sa région d’origine, il doit faire face à quelques rivalités internes. Déjà, il y a quelques semaines, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, Baïdy Aribot, le vice-gouverneur de la BCRG était obligé de venir au secours de Kassory Fofana dont il disait en substance qu’il est le plus apte des leaders de la Basse Guinée à occuper le fauteuil présidentiel. Ce qui n’aura pas empêché certains de soupçonner Kiridi Bangoura, le ministre secrétaire général à la présidence de la République, de manœuvres visant à éjecter Don Kass de la primature. Ensuite, il y a eu la brouille avec Tibou Kamara autour de la nomination du successeur d’Abdoulaye Yéro Baldé. Puis, est arrivée cette affaire des commentaires de la Banque mondiale sur le Plan de riposte anti-coronavirus. Là, c’est le premier ministre lui-même qui révèle le peu d’autorité qu’il a sur son ministre de l’Energie. Un ministre qui, par médias interposé, aura d’ailleurs menacé de répondre aux accusations faites à son encontre par la primature. Enfin, la passe d’armes par Alpha Condé interposé entre Kassory Fofana et Mama Kany Diallo. Or, il s’ajoute à tout cela que, selon nos informations, le ministre des Télécommunications et de l’Economie numérique, Moustapha Mamy Diaby, échappe lui aussi au contrôle du chef du gouvernement. C’est dire donc que le mythe à propos de la prétendue autorité du premier ministre sur son gouvernement n’est plus.

Un choix…

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Un mythe qu’Ibrahima Kassory Fofana se doit pourtant de récréer le plus rapidement possible. En tout cas s’il ne veut pas descendre du piédestal sur lequel il était installé. Et pour cela, il doit convaincre le chef de l’Etat de prendre des actes forts et sans équivoque. La stratégie du président Alpha Condé qui a souvent consisté à ménager à la fois le choux et la chèvre n’arrange pas le premier ministre. Et si ce dernier n’obtient pas un message de soutien et de réhabilitation clair de la part du chef de l’Etat, il doit en tirer les conséquences et s’en aller. Autrement, il est parti pour vivre une période d’humiliation dont il se remettra difficilement.

Boubacar Sanso BARRY

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