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Testé positif au COVID-19, Mamadou Saliou Souaré raconte la discrimination dont lui et sa famille sont victimes

Certains malades du COVID-19 et leurs proches font face d’une manière ou d’une autre à des discriminations. À Conakry, certains d’entre eux sont menacés d’expulsion par leurs concessionnaires. C’est le cas récemment de Mamadou Saliou Souaré, directeur de publication de modeledereussite.com. Il nous a relaté son expérience au cours d’un entretien téléphonique avec notre rédaction.

« Lorsque le docteur m’a appelé pour me dire que je suis positif au COVID-19, il m’a dit que puisque je ne présente pas de symptômes je peux rester isolé à la maison. J’ai dit que je préfère aller au centre et je suis allé 30 minutes après. Du coup, dans la soirée, c’est ma femme qui m’appelle pour me dire qu’elle entend des propos un peu bizarres dans la cour. Et le lendemain, ce sont les fils du propriétaire qui m’appellent de gauche à droite : ils m’appellent de Dakar, de la France, des États-Unis pour me dire qu’ils ont entendu qu’il y a un cas dans notre famille et qu’ils seraient inquiets, paniqués et ne sachant même pas quoi faire. J’ai dit : j’ai mis ma famille à l’écart pour vous protéger, moi-même j’ai quitté là-bas pour vous protéger. Et aujourd’hui j’ai senti qu’ils veulent faire quelque chose, car son fils qui est aux États-Unis m’a dit qu’ils sont prêts à prendre une décision. Ils ont même menacé leur père, avec lequel on vit, qui est lui vraiment très compréhensible. C’est lui-même qui était opposé à ce que ma famille quitte là-bas, mais leurs enfants étaient réellement prêts à finir avec ça. Finalement, je n’avais qu’une option : faire une publication sur Facebook (supprimée après des reproches du concessionnaire, ndlr) pour demander si je peux trouver un endroit pour isoler ma famille et moi et quitter cette famille-là, mais le propriétaire a refusé », explique t-il.

Toutefois, l’entrepreneur entend trouver un logement plus adéquat. « Pour l’instant, il y a une seule personne qui m’a dit : écoutes, on est en train de voir. Je ne veux pas mélanger ma famille avec les gens à nouveau, mais je ne pourrai plus rester là-bas, surtout que depuis que je suis là je ne recevais pas moins de 50 appels des amis. Mais depuis que je suis testé positif, ces gens ne m’ont jamais appelé pour me demander s’il y a du mieux alors qu’on a vécu 3 ans ensemble », déplore-t-il.

Cette stigmatisation ne contribue pas à faciliter le rétablissement des patients et le respect de leur dignité. « Je ne ressentais pas de symptômes quand j’ai été notifié positif. Mais depuis que j’ai été menacé de palpitations, quand je m’en rappelle il faut que je prenne un médicament pour calmer un peu la chose », assure M. Souaré.

Pour ce qui est de la prise en charge sanitaire, il estime que les gens sont en train de dramatiser les choses. « J’ai entendu beaucoup de choses qui me faisaient peur, mais quand je suis venu j’ai constaté que la nourriture est servie à temps — certainement il y a eu un changement —, les médicaments sont disponibles », fait-il remarquer.

Cependant, tous les problèmes ne sont pas encore entièrement résolus. « Il faut juste noter que les toilettes n’étaient pas réellement appréciables, parce que l’eau sortait, c’était bouché. Mais avant-hier, mercredi, on a interpellé le personnel de l’hôpital. Ils ont nettoyé les toilettes. Il n’y a pas un mètre de distance entre les lits. Dans ma cabine, il y a 4 lits. Toutefois, dans d’autres cabines, il y a jusqu’à dix lits. On a tous le même statut (positif au Covid-19) mais le souci est qu’un autre malade peut être admis dans une cabine et trouver quelqu’un qui est sur le point de guérir. C’est valable pour les toilettes aussi. Plus de 30 personnes peuvent utiliser les mêmes toilettes, on n’est pas isolés et ce n’est pas rassurant », estime-t-il.

A noter que Mamadou Saliou Souaré a été confirmé positif au COVID-19 le 3 mai dernier à la suite d’un contact qu’il a eu avec un frère porteur du virus.

Hawa Bah

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